L’ancrage

Parmi les concepts énergétiques qui ont été mes bêtes noires durant des années, la palme d’or revient à  l’ancrage et au centrage !! Lors de mes séances avec Pakita, Bénédicte  me parlait de mon ancrage défectueux. Lors de séances thérapeutiques en énergétique, on me répétait :  « tu n’es pas ancrée ! ancres toi !  » … vouiii mais encore ???? Comment fait t’on pour s’ancrer ? Qu’est ce que l’ancrage ? Quel intérêt avons nous à nous ancrer au quotidien et particulièrement avec nos chevaux ?

Il m’a fallu faire l’expérience  du non-ancrage absolu durant de longs mois pour comprendre  le ressenti confortable qu’offre le retour à l’ancrage, et y comprendre les différents ressentis mentaux et physiques que cela implique. C’est en visitant les extrêmes que l’on peut trouver le juste milieu.

L’ancrage et le centrage sont en réalité interdépendant. Si nous sommes ancré, nous pouvons nous centrer. Le contraire est moins évident. Nous pouvons nous sentir centré, tout en étant défaillant sur notre ancrage.

Nous avons tous cette image de l’arbre solidement ancré par ses puissantes racines dans le sol. Plus les racines sont profondes, plus son assise est forte et confortable. Malgré les éléments extérieurs perturbant, cet ancrage lui permet de rester debout. Une tempête va le faire vaciller, mais ne le déracinera pas.

arbre

L’ancrage pour un humain, c’est l’enracinement au sol, à la terre, à la matière, à la réalité tangible. Il en est de même que pour l’arbre. Ancré, nous ne nous laissons pas déstabiliser par les événement extérieur. Nous vacillons, mais retrouvons toujours notre rassurante stabilité.

Ancré, nous habitons notre corps dans l’ici et maintenant. Nos perceptions deviennent de plus en plus fines … de l’os, au muscle, à la peau jusqu’à nos ressentis énergétiques, l’ancrage nous permet la conscience de notre intériorité. Il est le préalable à toute autre recherche.

ancrage racine

Non ancré, nous n’habitons pas totalement notre corps physique. Nous  planons et ne savons pas vraiment où nous sommes. Nous ne sommes plus acteur de notre corps. Nous partons dans un tourbillon mental de scénarios catastrophes ou de rêves farfelus. Nous ne sommes plus « ici et maintenant ». Nous nous rappelons de nos peurs ou même nous regrettons les plaisirs passés. Les regrets et désirs ne nous permettent plus de vivre pleinement le moment présent.  Nous vivons avec notre passé.

Non ancré, nous anticipons le futur. Nous désirons toujours plus que ce que nous avons sur l’instant présent. Nous craignons de revivre des inconvenances passées.

Le cheval est un Etre profondément ancré. Il est une véritable « prise de terre ». Il vit dans l’instant présent sans regret, sans désir. Il n’a pas la capacité à élaborer le futur. Il pleut … il pleut ! Il y a des mouches… il y a des mouches. En tant qu’humain, nous ne savons pas nous contenter de ce qui se présente à un instant T. Les chevaux se contentent de ce qu’ils ont. Cette différence peut paraître banale. Or pour un Etre aussi sensible que le cheval, cela crée un gouffre entre nos modes de fonctionnement. Cela peut même devenir anxiogène pour nos chevaux.

Un des exercice en équitation centrée consiste à imaginer que nos pieds touchent le sol ou bien à imaginer que des racines sortent de nos pieds.  Il s’agit d’un exercice commun au yoga, à la méditation, aux arts martiaux… à toutes pratiques énergétiques.

… (Extrait du livre de Sally Swift… )

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Il s’agit bien entendu d’images mentales. Cependant, au fil de nos pratiques énergétiques, nous ressentons réellement l’énergie nous parcourir pour aller alimenter chaque muscle, chaque partie de notre corps,  chaque organe, puis s’enraciner dans le sol. N’oublions pas que nous sommes parcourus par  un réseau de méridiens (ceux là même travaillés en shiatsu) …

La terre, également émettrice de  vibrations  contribue à des échanges énergétiques avec le vivant, au même titre que les animaux, les végétaux, les minéraux, le système astral …. Les danses africaines ont pour but d’aller capter cette énergie terrestre afin de connecter le corps à la terre-mére et d’en tirer ses bienfaits. Un cheval à la locomotion dynamique va chercher son impulsion à chaque posé du postérieur.

Si nous conscientisons notre bulle énergétique

bulle energetique

Ancré, notre énergie descend dans le sol. Nous gardons « les pieds sur terre ». L’ancrage énergétique nous incarne dans notre corps physique. Il nous permet d’avoir accès à une force plus subtile et surtout mieux entendue par les chevaux que la simple force musculaire dictée par le mental.

Au contraire, les expressions  « avoir la tête dans les étoiles »  illustre bien son contraire. Notre énergie « flotte » au dessus de la terre et alimente en excés notre mental. Nous nous perdons alors dans nos pensées, dans nos rêves, et pire, pour un cavalier, dans nos peurs, dans nos frustrations, dans des anticipations de scénarios catastrophes.

Ancré, notre centre de gravité descend pour venir se centrer sur un point nommé le hara (ou tandiem) … le chakra sacré…  qui selon les arts martiaux représente le centre de l’énergie vitale. A partir de ce centre, nous pouvons demander la direction, les transitions descendantes et montantes à notre cheval … Il s’agit là d’une force plus subtiles mais également bien mieux entendue par nos chevaux que les aides classiques.

hara

Il est également intéressant dans notre équitation d’associer l’ancrage à la décontraction du bassin. Le muscle psoa majeur est un muscle crucial qui stabilise le corps.  Il est appelé le muscle de l’âme.

Trés « curieusement », le Hara (situé à 3 doigts sous le nombril) est au centre de ce muscle…

hara

Le muscle de l’âme a un impact primordial sur le haut du corps, sur le bassin et les jambes puisqu’il est attaché à toutes ces parties du corps. Stressé, ce muscle se contracte et rigidifie tout le bas du corps et une partie du dos.

Tendu, stressé, nous rigidifions automatiquement notre ventre et donc notre dos. Nous « rentrons » notre nombril, ce qui nous fait avancer les épaules, reculer les fesses et perdre la stabilité des blocs « tête/corps/jambe ».  Nous perdons en stabilité en perdant la « maîtrise » de notre centre. Le muscle de l’âme est le miroir de la peur et de l’anxiété.

Ancré,  notre centre de gravité descend sur le hara. Cela facile la stabilité à cheval. Tel un légo, nous pouvons encadrer notre cheval de nos jambes, mais également de notre bassin. Place à l’harmonie… !!

muscle-de-l-âme-1

Il est primordial pour un cavalier en recherche d’une équitation subtile de prendre conscience de ce qui se passe dans son corps. Ce travail sur nous même permet de nous rapprocher du mode de fonctionnement naturel de nos chevaux. C’est une des clé menant à l’harmonie physique et émotionnelle du cheval et de son cavalier.

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2 réponses à “L’ancrage

  1. Bonsoir,
    Merci pour cette explication. Juste pour apporter une précision, le centre énergétique dont vous parlez est le DanTien pour les chinois. Voilà, bonne soirée

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