Une assiette équilibrée

« Mangez 5 fruits et légumes par jour » Pour commencez …

thelwells equilibre 210

‘Recules tes épaules ! »
« Recules tes jambes ! »
« Léves la tête ! »
« droit le dos, droit ! »

Et les pieds …  !!

… et la tête ! Alouette !

Qui n’a jamais entendu son moniteur hurler ces quelques mots au milieu de la carrière… Souvent, je me demande pourquoi la bonne position n’est pas apprise avec conscience dés le début de notre apprentissage. En générale, on nous jette sur un cheval et à nous de trouver la solution pour tenir tant bien que mal en équilibre à toutes les allures. Les rênes et les étriers deviennent alors des supports indispensables à notre instinct de survie.

De ce fait, nous mettons des années (et encore bien souvent à notre sauce…) à trouver une position correcte nous permettant au mieux de trotter, de galoper, et de tenir lors d’un saut. Lorsque arrive le moment de vouloir insuffler un vent de légèreté dans notre équitation, nous nous trouvons face à une somme considérable de blocages, de vérouillages corporels ne nous permettant pas ces découvertes.  Mais pourtant… nous avons eu nos galooooops !!!!

Il est parfois difficile de conscientiser notre position inadaptée à notre recherche de légèreté, tellement notre corps en a fait une normalité. Seul un regard extérieur avisé un accompagnement personnalisé,  pourra nous faire travailler dans ce monde de pures ressentis. Nous nous apperçevons alors avec emerveillement que le simple changement de report de poids d’avant en arrière (ou d’arrière en avant) de quelques centimètres de notre bassin va alléger le dos de notre cheval et lui permettre la légereté des allures tant rêvée

C’est bien entendu du travail de fourmis, mais tellement enrichissant.

Premier point : un cheval équilibré
… pour trouver ce fameux équilibre, encore faut il que le cheval soit lui même en équilibre. Votre cheval trébuche, vous arrache les rênes, vous prend la main, accélére, ne veut pas tourner, se couche sur un cercle. Il y a de grandes chances que vous soyez en présence d’un cheval sur les épaules qui malgré toute sa bonne volonté fait ce qu’il peut avec son corps pour effectuer tant bien que mal ce que vous lui demandez de faire … Vous aurez beau lui tenir l’avant main avec vos petits bras musclés, tant qu’il n’aura pas acquis naturellement  son propre équilibre, c’est guerres, frustrations et de beaux biceps assurées.

Rien d’anormal pour un cheval vert dans son travail d’être sur les épaules.
La montée du garrot n’étant pas encore obtenu, son centre de gravité se trouve fortement sur l’avant.
N’oublions pas que le cheval n’a pas de clavicule pour tenir ses antérieurs. Seul un jeux de muscles entraînés permettra la remonté du garrot, le renforcement du pont romain qu’est le dos, la formation d’abdo pour éviter l’effet bassine et le report du poids sur les postérieurs… seuls  gages d’un équilibre naturel sans besoin de l’appui sur les mains du cavalier comme béquille.

Les muscles de l’avant main : https://lechevalenharmonie.wordpress.com/2013/11/07/la-sortie-du-garrot-principe-actif-de-la-recherche-de-lequilibre/

Un jeune cheval équilibré sur les épaules (comme le veut mére nature dans une grande majorité des cas) sans un travail préalable dans ce sens, ne pourra pas vous faire découvrir l’alignement des blocs. C’est un peu cause perdue d’avance. Vous sentirez votre assiette plonger irrémédiablement vers l’avant.

A chacun de choisir son école pour  ce travail. Personnellement, c’est par le biais du travail en extension d’encolure que j’ai rééduquée Pakita.

Il en est de même pour la rectitude du cheval. Si l’équilibre vaut longitudinalement, il vaut également latéralement.

Deuxième point : la Selle !!!!! 

(arf ! le sujet épineux d’une grand majorité de propriétaires  ! mouhaha)

Ce n’est pas un point négligeable. Je n’ai jamais fait d’article sur le saddle-fitting, car d’une part, certains le font mieux que moi et d’autres part, je suis pas très bien placée pour en parler vu que j’ai déclaré forfait avec le dos de hamster de Pakita (très (trop)  large et très court)  : je monte sans selle, voire avec un tapis de monte à cru. Une selle pour Pakita, ça n’existe pas !!! 6 ans de recherche et stop !!!

Je vous laisse vous rendre sur les sites de saddle fitting.

Quelques pistes importantes,  pour un cavalier qui sort de club et qui entend continuellement « avanceeees ta selle » …

– Une selle, ça ne se pose pas sur le garrot ;
– Une selle ne doit pas écraser les omoplates du cheval et ne doit pas dépasser l’attache de la dernière cote.
– Une selle  doit être à la taille du dos du cheval et doit être équilibrée, suivre la courbe du dos …etc… etc…   Nous n’irions pas courir un marathon avec des chaussures qui font mal … là ! idem !

Un article d’Eugénie cottereau, un saddle fitteuse française sur l’importance de la selle et de l’assiette :  http://www.saddlefitting.fr/archives/2012/03/26/23856434.html

Nulle critique sur ce point. J’ai fait ces erreurs. Nous ne pouvons mettre en pratique QUE ce que nous connaissons. En club, nos seules références sont les conseils des moniteurs…. Il faut savoir aller au-delà des dogmes établis et des nouvelles découvertes scientifiques coté morphologie du cheval pour apporter à nos poilus le confort nécessaire afin de nous porter dans les meilleurs conditions.

Pour toutes recherches supplémentaires, je vous engage fortement à aller visiter le site http://www.saddlefitting.fr/

Cela peut paraître stupide de le rappeler, mais … malheureusement, j’ai encore vu ce week end un cheval seller sur le garrot, dont le troussequin lui écrasait irrémédiablement les reins. La jeune cavalière bien sur ne pouvait aucunement avoir une position confortable du fait du basculement de la selle vers l’arrière.
Lorsque je vois un cheval serrer les dents, rentrer le dos, le garrot, tout ce qu’il peut,  sous l’effet horriblement désagréable de sa selle et rester d’une correction et d’une patience à toute épreuve face aux demandes de sa cavalière, je me dit toujours « Que les chevaux sont des amours ».

Troisième  point : le cavalier

Une fois sur un cheval équilibré, ne mettant plus en péril nos tentatives de bonne assiette, sur une selle adaptée nous pouvons alors goutter à la joie d’enterrer la hache de guerre avec notre loulou d’amour qui enfin se réconcilie avec son corps dans les exercices demandés. Se battre n’ayant jamais facilité le travail sur nos propres ressenti, sans ces deux premiers points, il serait difficile de vouloir aller plus loin.

Il est très surprenant de voire évoluer la volonté de son cheval au fils du travail d’équilibrage que nous avons presque l’impression de changer de cheval. Rappelons nous que les défenses sont le seul moyen que nos poilus ont pour nous signaler un inconfort, voire une douleur … A nous de les écouter !

Nous découvrons la légèreté, un cheval qui ne s’appui plus sur la main, qui utilise ses postérieurs dans les courbes, qui ne se couchent plus, qui commence à avoir des allures de cheval  … et … nous avons un garrot devant nous qui nous permet de trouver notre place sur son dos. A notre tour de travailler notre position dans l’alignement des blocs pour causer le moins de géne possible à sa locomotion.

‘Recules tes épaules ! »
« Recules tes jambes ! »
« Léves la tête ! »
« droit le dos, droit ! »

Oui … on aimerait bien !!! Mais …

Physiquement parlant, le centre de notre équilibre physique et énergétique, notre centre de gravité,  se situe dans le bassin, au niveau même du Hara (ce qui pour les pratiquants d’art martiaux est le centre de notre énergie vitale … il n’y a pas de hasard !!)

centre

hara

L’équilibre du corps (et donc de l’alignement des blocs) nécessite un bassin à sa place en tout premier lieu.  Vous aurez beau « reculer les épaules », « reculer les jambes », si le bassin n’est pas droit, physiologiquement parlant, les membres vont s’aligner sur le bassin et reprendre leur place d’origine. A moins de vouloir ressembler à Don Quichotte en pleine croisade pour tenter de garder  un équilibre précaire et périlleux, le premier point à conscientiser est le bassin.

bassin

Pas besoin de faire médecine pour constater qu’un bassin en antéversion va faire immanquablement reculer les jambes, avancer les épaules et surcharger les épaules du cheval. Un bassin en antéversion va faire avancer les jambes, reculer les épaules et surcharger les reins du cheval.

Toute tentative de positionner les blocs de son corps sans avoir préalablement travaillé sur la position de son bassin sera donc inutile, voire même douloureux dans l’obstination de notre désir à garder une position préjudiciable à notre corps.

Il est dommage que les séances de mise en selle se fasse à des allures supérieures tant que le cavalier n’a pas trouvé la place confortable de son bassin.

Quand j’ai débuté il y a 4 ans le « travail plus sérieux »,  je me suis rendue compte de l’ampleur du travail que j’allais avoir à accomplir tant sur la locomotion de Pakita, handicapée d’un postérieur à l’époque, que sur ma propre locomotion. J’avoues qu’au début, je partais un peu perdante. J’étais alors trés loin d’imaginer que nous ferions autant de chemin. Tous me paraissait tellement long et difficile… quoiiiiiiii ? 2 ans de travail à pied sur la rééducation de Pakita !! Pffff !! Encore un an, sur la mienne !!! Re-pfffff ! Mais quand je ressens maintenant l’harmonie que procure l’équilibre du couple cheval / cavalier (et il y a encore un peu de boulot pour nous^^), ces 4 ans ont été tellement passionnant et riches en découvertes, que je ne les ai pas vu passer.

Toutes ces recherches sont certes beaucoup de temps, beaucoup de remises en question, beaucoup d’efforts, de frustrations aussi parfois face au travail de fourmis, mais tellement de joie à découvrir mois par mois de nouvelles sensations que je me demande pourquoi l’équitation centrée n’était pas enseignée quand je traînais mes fonds de culottes au poney-club, et pourquoi elle ne l’est pas dans plus de club à l’heure actuelle. Ce que je pensais être « une perte de temps », dans cette société où l’on veut tous nos petits plaisirs maintenant, tout de suite, s’avère être la quête la plus passionnante de mon existence.

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