Ma jument guérisseuse.

Bien plus qu’un sport, les chevaux et la passion qui nous animent vers nos rêves de Centaure  peuvent devenir le moteur d’un véritable chemin de vie. Les chevaux peuvent nous montrer la porte de valeurs philosophiques communes à toutes les thérapies de bien-être.
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Notre passion, nos désirs de réussites et de relationnel,  lorsque nous avons dépassé le stade de notre ego et de la vision de l’animal-machine,  nous poussent à la recherche du lien vivant, du dialogue non verbal, non gestuel alimenté par l’écho du coeur.
Auprès de nos chevaux et des rencontres humaines, nous pouvons nourrir notre âme, notre être authentique, le petit enfant qui est en nous, l’âme… peut importe comment nous désirons le nommer… Nous parlons tous de la même chose. Il s’agit de cette part de nous même libéré du voile émotionnel que notre vie à stocké dans nos mémoires mentales, physiques/énergétiques. En tant que cavaliers nous devons mesurer l’immense chance qui s’offre à nous au quotidien sur le chemin de cette quête. Les chevaux nous font découvrir ce voile dont nous n’avons pas forcément conscience tellement il représente notre propre normalité.
Il y a 7 ans, j’étais loin de penser que cette morue mal poilée, grincheuse et dangereuse allait devenir cette jument de rêve et encore moins,  le guide de mon chemin de guérison.
Handicapée du stress et des pressions sociales que m’avaient imposé ma vie, j’étais tombée dans un trou béant de négativité.
Empathe de nature, l’histoire de ma vie m’a imposé (ne sachant pas à l’époque faire autrement)  de me couper de mes émotions, de mes ressentis pour me protéger de mon environnement social.
Pakita m’a apporté bien plus que de « l’équitation », bien plus même que la réalisation d’un rêve de gamine, et que dire du  faire-valoir dont l’enseignement de l’époque nous imposait comme but à atteindre à travers l’équitation de compétition.  Elle a ouvert la porte d’une autre réalité dans le lien du vivant.  Porte que j’ai poussé avec grande curiosité, mais également avec émerveillement et qui me mène sur les voie des découvertes du monde énergétique et de la spiritualité (Pitié, n’attribuons pas à ce terme de croyance culturelle préconçue… juste une renaissance à nous même sans aucune notion  religieuse… à chacun d’y attribuer ses propres croyances ! )
Je monte depuis l’âge de 9 ans. J’ai bien sur monter « club classique » archi codifiée,  puis  découvert les méthodes dites « étho », toujours aussi codifiées d’ailleurs. Ce n’est qu’à l’âge de 45 ans que je commence à vivre les coïncidences et à comprendre les raisons profondes qui m’ont poussé un jour à aller mettre le nez dans la crinière d’un poney. Nos attirances ne sont pas des hasards…
Ce n’est pas à nos chevaux d’apprendre de notre réalité, c’est à nous de nous rapprocher de la leur… Les lois de la nature ne laisse aucune place à la suffisance humaine.
Je remercie, au jour d’aujourd’hui, Pakita d’avoir insisté avec autant de violence, pour me montrer avec détermination ce que je lui transmettais en effet miroir. Son agressivité n’était que le reflet de ma propre colère, de mon propre mal-être, de ma propre tristesse, de ma propre frustration.
Le rêve de chaque cavalier est de découvrir sa moitié équine. Nous rêvons alors d’une relation parfaite, d’une relation où notre choupinet de cheval va nous faire oublier nos petits ou grands malheurs quotidiens. Mais la réalité est tout autre.  Les chevaux ne sont pas là pour supporter notre mal-être, mais pour nous montrer le chemin d’un autre état d’être.
Le changement ne vient pas d’eux, ne vient pas de leur éducation, de leur dressage… au mieux, nous obtiendrons un bon petit soldat , le vrai changement réside dans le regard que nous avons à leur égard. Pour vivre un lien authentique, nos rêves de Centaure passent par les progrès de notre propre intériorité. Ils savent nous lire et nous montrer nos propres lacunes…  à nous de les écouter.
Certaines jeunes filles rêves de rencontrer le Prince charmant, pour ma part, j’ai grandi avec le rêve de rencontrer ma moitié équine. Je me faisais alors une idée de la relation parfaite idéalisée par ma propre éducation, par ma culture et mes idoles cavalières. Pourquoi l’équitation plus qu’une autre activité ? Je ne le comprends que maintenant…
Pakita m’a permis un retour à moi même. Elle a su poser le sabot (au propre comme au figuré ! lol) sur les raisons profondes de mon mal-être. Mon coté perfectionniste m’a donné le courage de chasser mes propres monstres… non pas pour moi mais pour nous.  Si cette jument n’était pas rentrée dans ma vie, je n’aurais pas eux le même intérêt pour passer ces épreuves, pour améliorer mon mental, pour améliorer ma posture, pour prendre soin de moi, pour aller chercher mes blocages énergétiques là où je les ai trouvé ;  et encore moins l’occasion de me mettre en quête de mon être authentique.
Elle m’a permis une renaissance dont j’ai conscience et que j’accepte dans une gratitude sans limite.
C’est une tout autre réalité bien au-delà de mes rêves  qui s’offre à moi.
Pakita m’a appris à me reconnecter à la vie.
Elle m’a appris à me reconnecter à mes émotions, à mes ressentis.
Elle m’a appris à refaire confiance.
Elle m’a appris à aller vers les autres.
Elle m’a appris l’effet miroir.
Elle m’a appris le lâcher-prise.
Elle m’a appris à vivre l’instant présent.
Elle m’a appris l’humilité,  le non-jugement.
Elle m’a appris l’ouverture d’esprit et l’indispensable gout de la remise en question.
Elle m’a appris qu’une erreur n’est qu’un essai à perfectionner.
Elle m’a appris le détachement émotionnel.
Elle m’a appris le respect du chemin de chacun et la tolérance.
Elle m’a appris la méditation de pleine conscience.
Elle m’a appris  l’authenticité.
Elle m’a appris à prendre soin de moi.
Elle m’a appris à vivre.
Elle m’a appris à m’aimer.
… Elle m’a fait renaître à moi même… Elle a nourrit mon âme au quotidien.
De cavalière qui désirait  briller aux yeux des autres, j’ai appris à ne chercher qu’une seule chose : Briller aux yeux de ma jument.
Alors, lorsque l’on me dit :
« Ce n’est qu’un cheval » …
« Tu ne fais pas de compétition ?  »  (avec le petit air narquois qui va bien avec ! lol …
« haaan ! tu montes sans mors, tu n’arriveras à rien !  » …
« Rooooh ! qu’est ce qu’elle est facile  ta jument ! »…
Et j’en passe …
… Je souris l’air béa  !
Cela fait 7 ans qu’elle partage ma vie et je lui dois bien mieux que des performances sportives ne servant qu’au faire-valoir. Et elle m’a ouvert les portes de son monde, de sa réalité,  de ses perceptions subtiles… le monde de ces lois universelles ancestrales à la source de toutes philosophies dans la recherche du bien-être humain.
Elle m’a également permis les coïncidences de rencontres enrichissantes. Pakita m’a proposé le changement et au fils des années, je me suis construite auprès de personnes extraordinaires dans le monde équestre bien sur, mais également dans le monde énergétique.
L’art de l’équitation intérieure n’est que l’art de la recherche du bien-être à deux. Nous devenons tour à tour guérisseur de l’autre dans la recherche d’une harmonie commune : le St Graal qui devrait être la quête de tous cavaliers : le mythe du Centaure, sans lequel les progrès ne peuvent aboutir.
Je remercie bien entendu cette merveilleuse jument sans qui je ne serais pas. Mais je remercie également tous les acteurs humains de cette évolution qui ont su partager un bout de leur chemin et qui m’ont chacun apporter une part de leur réalité afin de nourrir la mienne.
Parfois même en m’amenant des idées divergentes, ce qui n’est aucunement un problème puisque dans chaque divergence réside l’assurance de nos certitudes.
Chaque partage peut nous enrichit à partir du moment où le partage est sans ego.
Et peut importe même si à un instant T, une idée nous dérange. Nous sommes chacun sur une partie de notre propre chemin. Ce que nous pensons aujourd’hui, nous l’aurons fait évoluer demain.
 « le cheval est un bon maître, non seulement pour le corps, mais aussi pour l’esprit et pour le cœur« . Xénophon – (425 avant JC)
« On a tendance, de nos jours, à oublier que l’équitation  est un art. Or, l’art n’existe pas sans amour. Mais celui qui n’a pas la discipline nécessaire et qui ne possède pas la technique ne peut prétendre à l’art. L’art, c’est la sublimation de la technique par l’amour. L’amour, afin qu’après la mort du cheval, vous ayez gardé en votre cœur le souvenir de cette entente, de ces sensations qui ont quand même élevé votre esprit au-dessus des misères d’une vie humaine. » Nuno Oliveira. 
(raaah ! wordpress ne prend plus les interlignes … mystère et boule de gomme ! :p )
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8 réponses à “Ma jument guérisseuse.

  1. bonjour, j’ai découvert ton blog par le biais d’un article sur le « sans mors », et mois après mois on entre dans une toute autre dimension… Ce qui est « drôle », c’est qu’en parallèle j’ai fait moi aussi mon chemin (bien aidée en cela par les maladies diverses et variées, et les démonstrations de ras le bol de ma jument) vers une communication équestre plus « énergétique ». Je sais désormais vers quoi je dois orienter mon équitation, mais trouver des intervenants qui pourront me faire progresser dans cette optique reste pour moi un objectif et pas encore une réalité.
    J’ai décidé de me mettre au Taï Chi à la rentrée, il me semble que cette discipline est parfaitement complémentaire à la recherche d’une belle équitation, voire, je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas plus de « connexions » entre les 2 apprentissages. Si des lecteurs du blog ont des pistes …
    Merci à toi de mettre des mots sur des notions tellement rares dans la sphère équestre !

    • Merci beaucoup Sylvie pour ton gentil message qui me touche 🙂

      Et oui ! monter sans mors ne laisse aucune place à la contrainte. Nous devons donc évoluer nous même pour créer un vrai partenariat et donc évoluer nous même ^^

      Le tai-shi est abordé dans le livre de Sally Swift : l’équitation centrée. Mais pas assez développé à mon gout.
      De plus en plus de cavaliers enseignants se dirigent vers ce type d’enseignement, donc selon ta région, je connais quelques bonnes adresses 😉

      • cool, je suis en Pays de la loire, donc je prends toutes les bonnes adresses aux alentours !
        Petit bémol cependant sur la monte sans mors : j’ai une jument de rando que je monte en side pull et pour lequel cela ne pose aucun problème, et une autre jument que je souhaite plus travailler en dressage.
        J’ai commencé à la sortir en extérieur en filet, puis très rapidement en hackamore, et en side pull pour la carrière. Mais j’ai finalement arrêté, car la jument n’était pas suffisamment à l’écoute et je préfère privilégier avant tout ma sécurité et celle des autres. Pas assez de connexion.
        J’ai donc pris le parti de mettre un filet Baucher double brisure, pour assurer « le cas où  » et je me suis acharnée à me faire comprendre par autre chose que mes mains pour les allures et les directions. (cf les excellents articles de Pierre Beaupère dans Cheval Savoir). Pas de muserolle, la vérité avant tout…
        J’ai appris à vibrer avec les doigts, à écouter les bruits de la bouche, à observer le regard de la jument quand je descends. Cela m’a donné aussi l’occasion de ressentir la décontraction du dos du cheval grâce à la décontraction de la mâchoire. Et j’ai beaucoup cherché pourquoi la connexion n’était pas idyllique… Mais, là c’est un roman !
        Plus j’allège mes indications, plus la jument devient réceptrice et fine…
        Il faut juste maintenant que je devienne une excellente cavalière !!!! LOL

      • Désolée de ne pas avoir répondu plus tôt, mais je n’avais pas de réponse.
        je viens d’apprendre que Jacques Charandak viendra faire un stage en Pays de Loire au mois d’octobre. 🙂

  2. Bonjour et bravo de mettre par écrit ce qu’on pense tout bas et qu’on ne peux pas dire tout haut!!! On apparaît comme étant des cavalières de bas de gamme aux yeux des autres…. Mais au combien on se sent mieux que les « autres ». Tout ça parce qu’on a une autre recherche que l’équitation…l’âme équine et humaine.
    Mon cheval à tout changer en moi. Doc a un filet sans mords, je monte avec d’autres étriers (K’Vall). Au départ on me prenais pour une folle … Mais étant handicapée depuis 9 ans (AVC) les autres cavaliers disaient que vu mon état pourquoi pas!!! J’envisage même de monter Doc avec la tête en liberté, une étrivière autour de son encolure!!!
    J’ai été le promener cette semaine et il a découvert les abricots sur les arbres…. Il avait un peu peur…il a découvert un abricot que j’ai partagé avec lui, et depuis quand on rentre dans ce pré et qu’il y des abricots, après ses tours en longe et bien il en veut mais que je partage avec lui….je n’aurais jamais pu faire ça auparavant avec un autre cheval parceque je n’avais pas compris le besoin de partager….
    J’ai même une relation que Doc et moi avons créé parceque nous avons compris qu’on peux faire tout avec de la compréhension, de l’écoute de chacun, de la gentillesse….qu’on doit avoir nous, cavalier, avec notre cheval, propriétaire ou non.
    Donc merci beaucoup

    • Merci pour ce témoignage Doc 🙂

      Nous sommes de plus en plus à oser dire tout haut ce que nous pensons tout bas 😉
      Briller aux yeux de son cheval a bien plus de valeur (à mon sens) que de briller aux yeux des autres humains 🙂
      Nous seule savons ce que nous vivons… donc le regard des autres, arrivé à un stage n’a que peu d’importance par rapport à tous ces moments de partages qui touchent nos rêves d’enfants… 😉

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