Vous êtes vous déjà demandé la raison profonde qui vous a poussé un jour à la rencontre d’un cheval ?

Il est temps de redonner sa place au cheval …

Le cheval n’est ni une mobylette, ni un monstre sanguinaire qui a besoin qu’on lui prouve qui est le chef, ni un objet de valorisation, ni un jouet,   ni une bête savante qui aime les défis… Tous ça n’est qu’anthropomorphisme. Il est tout simplement un être de la nature que l’évolution a su sauvegarder. On ne peut pas en dire autant de l’humanité.

Un cheval ne naît pas méchant, il le devient par nécessité selon le degré d’incompréhension que l’humain lui impose. Il se protége face au manque de dialogue. Le cheval sait se montrer d’une extrême attention à l’égard de son cavalier à partir du moment où il se sent compris et respecter en tant que cheval.

Le cheval nous est supérieur en termes de sensibilité, de perception fine, de perception énergétique… Il n’a que très peu évolué au fil des siècles.

Leurs besoins sont à l’opposé des nôtres… Où tout du moins du standard normalisé que nous nous imposons afin de trouver péniblement notre place dans la société actuelle.

Le cheval a besoin de calme …  nous les confinons dans des espaces réduits remplis de bruits, surpeuplés de cavaliers coléreux, à l’ego surdimensionné, les considérant comme objet de leur passe-temps favori , leur « loisir »…

Le cheval a besoin d’espace, de rapport sociaux … nous les enfermons dans des boites, où au mieux dans des prés exigus surpeuplés de congénères que nous leur choisissons.

Nous tentons de leur apprendre NOS codes, de leur imposer un mode de vie à NOTRE image.

Nous cherchons un rapport de force, tel que la société nous l’a appris et que nous connaissons bien entre humains.

Nous interprétons des observations pour leur attribuer des envie de dominance qui permettent de nous donner bonne conscience dans notre rôle de « chef » qui décide..

Nous les confinons dans un système totalement opposé à leur nature profonde et nous nous étonnons qu’ils cherchent à nous dire leur inconfort à travers des défenses plus ou moins violentes.

Et pourtant … nous espérons en faire des partenaires confiants, respectueux et sécuritaires pour nous éloigner nous-mêmes quelques heures de notre stress quotidien et de notre vie écrasante et inadaptée.

Une majorité de chevaux arrivent tant bien que mal à s’adapter à cette réalité imposée, mais non sans montrer un comportement décalé par rapport à leur nature profonde. Certains vont développer des maladies mystérieuses toutes droit sorties de leur somatisation. D’autres vont devenir instables, voire dangereux. Malheureusement, cela est devenu une telle normalité dans le monde équestre qu’on en vient à croire que ces comportements sont en rapport avec leur nature.

… un peu comme nous tout compte fait !

Il est bien sûr évident que nous aimons nos chevaux. Et pour une majorité de cavaliers, nous leur faisons vivre ces incohérences par pure ignorance et non par méchanceté gratuite. J’ai fait partie de ces cavaliers persuadés d’apporter le nécessaire afin que ma jument soit heureuse. A l’époque, j’étais bonne élève (ça a changé … hihi ! ) et j’ai cru ce qu’on m’avait appris. Il est évidement difficile de leur redonner une équivalence à leur vie sauvage. Nous faisons de notre mieux pour le gite et couvert. Et peu de cavaliers désirent rester à pied à regarder brouter leurs chevaux…

Cependant nous pouvons grandement améliorer les conditions de vie de nos chevaux en leur apportant une compagnie agréable et adaptée à leur perception sensible de leur environnement. En travaillant sur nous-mêmes, sur notre équilibre mental et physique nous pouvons nous rapprocher de besoins plus adaptés en leur présence et dans notre équitation.

Il fut un temps où l’homme et le cheval avaient la même perception « animale » basée sur l’intuition… temps passé où l’homme et le cheval se comprenaient sans avoir besoin d’outils de contrainte. Il fut un temps où nous respections et étions reconnaissant envers nos chevaux car de ce noble animal dépendait notre survie. Ce temps-même où les chevaux ne servaient  pas encore d’objet de valorisation. Un temps où seul la survie des espèces faisait avancer le monde.

 

Que s’est il passé entre temps   ?

demi-tour- BBB

 

Bien heureusement, quelques cavaliers ont su cultiver leur authenticité et leur regard émerveillé face à ce noble animal qui a tant à nous apprendre de nous-mêmes. Le regard de leurs chevaux en dit long sur la paix retrouvé dans cette relation inter-espèces.

Ces dresseurs sont reconnus et admirés  … leur charisme dégage leur intériorité apaisée…  tout de même un peu mystique sur les bords … et pour cause …

« Je le sais, vous les chevaux, vous attendez patiemment que les hommes retrouvent l’ancienne langue du corps, celle qui nous a permis, à nous les hommes et à vous les chevaux de parcourir la terre, de vivre et parfois de mourir ensemble.
Mais les hommes ne savent plus vous parler. Au mieux, ils vous chuchotent des inepties aux oreilles. Au pire leurs corps disent leurs colère et leur folie. Ils vous font peur. L’antique complicité a disparu.
Je le sais, je sais que vous acceptez toujours de reprendre tout de suite, sans condition, le dialogue interrompu, pour peu que l’homme retrouve sa vieille langue, celle des vivants. »
 Bernard Sachsé extrait de « Sur mes 4 jambes »

« Le cheval porte un rêve car , malgré sa puissance physique et son indépendance de caractère, il accepte une forme de collaboration avec nous. Dans l’imagination collective, j’ai l’impression que se rejoue là, le grand lien originel entre les espèces, une union, une alliance entre l’homme et la nature. Notre lien est comme une fenêtre ouverte sur le paradis perdu »              Frédéric Pignon »

« Regardons par-delà l’évolution du cheval partenaire de loisir et de sport pour découvrir un univers tout à fait différent et quasiment infini. Remontons la piste des mythes et des contes de nos ancêtres pour réaliser que la relation authentique et originelle des chevaux n’a jamais auparavant été un sport, mais un exercice mental , la quête d’une rencontre ou d’une union spirituelle. A notre époque où la menace et la violence sont omniprésentes, cet aspect prend une dimension toute nouvelle pour l’être humain.  » Klauss Ferdinand Hempfling extrait de « Lorsque les chevaux nous parlent »

« Le cheval est un bon maître, non seulement pour le corps, mais aussi pour l’esprit et our le cœur » Xénophon (425 avant J-C)

Depuis quelques temps, j’ai la sensation que la conscience s’élargit. Une « nouvelle » (c’est drôle d’utiliser ce mot alors que nos ancêtres n’avaient aucunement besoin « d’apprendre » ^^ ) relation au cheval voit le jour. Un enseignement où l’apprenti n’est plus le cheval, mais le cavalier.

L’équithérapie a permis d’ouvrir la voie en leur redonnant une place de chevaux-guérisseurs. Mais ne sommes-nous pas tous plus où moins des handicapés de la vie moderne, à cause de notre mental galopant, de notre stress, de nos préoccupations sociales, de notre mal-être …  ? Combien de cavaliers sont capables de vivre dans l’instant présent en présence de leurs chevaux ?

Les langues se délient et on ose enfin en parler   … La magie réservée jusqu’alors à certains  talentueux cavaliers devient accessible avec un « peu » (ou beaucoup … chaque individu étant unique) de travail sur soi-même. La mysticité de la relation  livre ses secrets aux plus commun des cavaliers. Il n’est plus tabou de parler de gestion énergétique, de gestion émotionnelles, de lâcher-prise,   d’isopraxie, de tai-chi, de shiatsu, de magnétisme …  d’écoute du cheval-même ! Il n’est plus utopique d’annoncer que le cheval a toujours raison. Et le nombre de cavaliers en recherches d’une autre relation au cheval  sont de plus en plus nombreux… 

Les chevaux ne comprennent pas nos codes. Au mieux, ils les apprennent car nous leur imposons à travers un apprentissage pavlovien basé sur le renforcement négatif…  fort réducteur en rapport avec leurs capacités de perception et de communication naturelle.

La passion des chevaux et nos désirs de relationnel peuvent pourtant devenir les moteurs d’une rencontre avec nous-mêmes… le rêve de relationnel avec nos chevaux est au bout du chemin…  de NOTRE chemin … !! A condition bien entendu de changer notre regard sur le cheval et de bien vouloir se donner la peine d’apprendre de leur monde authentique.

C’est à nous de réapprendre notre langage antique, celui de la perception fine de ce qui nous entoure et de chacun de nos mouvements, celui de la communication intuitive et des images mentales que certains peuples ethniques utilisent toujours actuellement,  celui du langage énergétique corporel.  Ces apprentissages nous concernent… les chevaux n’attendent que nous pour retrouver ce dialogue harmonieuse et serein.  Eux savent  …  Il suffit de les laisser nous guider sur le chemin de ces découvertes. 

Nos rêves de Centaure sont à ce prix. L’harmonie ne peut être totale sans prise de considération du cavalier.

Je me suis souvent demandé pourquoi, petite fille, j’ai naturellement été attiré par les chevaux. Le « sport » équestre, les compét… non ! j’ai toujours fui cette réalité  et toutes ces années,  j’ai cherché un autre rapport avec cet animal … je commence seulement à comprendre  la raison de ma passion  😉 A qui veut bien l’admettre, le rapport aux chevaux est plus qu’un sport, c’est un chemin de vie…

Ce que Pakita m’a appris dans ma recherche m’a permis de donner un autre sens à ma vie, une autre perception du monde et des événements, un autre rapport aux autres.

… petit message perso à ma prof … « Ta jument est trop codée » une phrase qui a hanté mes réflexions depuis tout ce temps…

Je viens seulement de réaliser ce que tu cherchais à me dire le premier jour de notre rencontre, il y a bientôt 3 ans. Moi fière que Pakita « m »obéisse » au doigt et à l’œil (malgré ses oreilles couchées et son sourire éclatant … lol !! ) dans ce ballet « parellien », ce jour-là, tu m’as dit « c’est bien, mais ta jument est trop codée » … SIC mais qu’est ce qu’elle me dit la dame ? y a pas 36 manières de faire ?  hihi  !  … 3 ans de réflexion plus tard et d’expériences vivantes à la recherche de ce langage non codé, j’ai enfin compris et  admis qu’il existait un autre dialogue possible !!! 😉  … En effet, tu avais raison, Pakita savait et j’étais ignorante. Pour moi le retour en arrière est impossible  😉

Bienheureux les jeunes cavaliers qui vont évoluer avec ces « nouveaux » enseignants. Pour nos chevaux, c’est un merveilleux espoir de reconnaissance… et pour nous, humains, c’est une reconnexion à notre nature profonde.

 « L’extérieur du cheval exerce une influence bénéfique sur l’intérieur de l’homme » – Winston Churchill

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