Equitation centrée : pourquoi ?

Dans les prérequis de l’enseignement équestre, nous ne nous préoccupons que très peu de la locomotion du cavalier débutant et encore moins de la locomotion des chevaux d’école. On nous jette sur le dos d’un cheval et en voiture Simone !  Il est rare que les enseignants prennent le temps de nous laisser sentir le mouvement (absolument pas naturel pour un humain) du cheval sur lequel nous sommes assis.  Ce qui est fort dommage puisqu’au fils des années, nous acquérons certes une assiette plus ou moins correcte, mais pas pour autant une assiette liante et confortable pour le cheval.  … en deux mots : Une assiette centrée.

Hormis tous les instincts d’exigences  de cavalières de club que j’ai nettement amélioré par l’apprentissage du lâcher-prise (c’est une quête quotidienne) et après des années d’équitation, je pensais « savoir monter ». Cependant, j’ai pris grandement conscience (aidée de ma précieuse prof intransigeante Ha non ! ça c’est Pakita  😉 ) que certes, j’avais une assiette fixe, mais très loin d’être centrée. Toutes mes articulations étaient verrouillées et c’est avec tension physique que je me maintenais en selle. Et très curieusement, j’avais la même attitude en marchant ….  De quoi alimenter quelques  articles à venir tout ça …

Je touche du doigt l’équitation centrée depuis déjà plusieurs mois. Mais je me rends compte maintenant que tout ça n’était encore que des embryons de sensations. J’ai encore beaucoup de travail à faire sur ma propre locomotion. C’est un apprentissage que j’apprend à pied… et oui !! car nous montons comme nous marchons !

Sans  étude préalable du mouvement humain, nous nous transformons très vite en sac à dos rigide bloquant la dynamique du mouvement de notre cheval. En sommes, tout le contraire de ce que nous recherchons.

Le cheval va donc faire ce qu’il peut avec son sac à dos rigide pour donner les mouvements demandés malgré le déséquilibre crée par le cavalier. Loin de l’image du Centaure, nous faisons ce que nous pouvons également de notre côté pour modifier cet équilibre perturbé lors des changements de direction et des transitions.

Nous avons choisi un sport où nous sommes deux être vivants dans l’action. La décontraction de l’un créant la décontraction de l’autre … et vice-versa !

L’enseignement actuel club ne nous permet pas d’apprendre l’indépendance dans un mouvement commun. D’une part, car nous y apprenons que le cavalier est le « chef » et d’autre part puisque nous le savons tous, le cheval est un animal sans sensibilité et sans grande capacité à réfléchir… que tous ça est triste ! et quelle erreur à la base même de notre apprentissage. Une philosophie qui ne fait que durcir les aides des apprentis cavaliers en leur donnant, en plus, bonne conscience.

Parelli appelle ça (trés justement) du  micro-managing lorsque cela ne se transforme pas en du maxi-managing alimenté par notre égo surdimensionné,  où nous finissons par soutenir et par porter nos chevaux. Qui n’a pas connu les méchantes courbatures le lendemain d’un cours en club ?  Où est le plaisir ? Où est l’image tant rêvé du Centaure ?

Ne nous leurrons pas, si nous, nous avons des courbatures du fait d’avoir soutenu notre cheval durant une heure ; lui aussi a les même courbatures du fait d’avoir fonctionner toute cette heure en déséquilibre, à l’envers et en tension musculaires  pour satisfaire aux demandes de son cavalier. Heureusement certains chevaux crient leur inconfort physique à travers ce qu’on appelle « les défenses »… malheureusement combien sont écouter ? Et puis il est plus facile de penser que le cheval est une tête d’âne (j’adore les ânes ! 🙂 )  plutôt que de se dire que nous montons comme des sacs à patates malgré nos super galops qui servent pas à grand chose…

Il suffit de jeter la question « où mettez-vous le poids de votre corps sur une volte ? » pour que vous lisiez tous et n’importe quoi sur le sujet. Ces discussions font justes penser à des traiter de mécaniques appliquée comme si nos chevaux n’étaient pas capable de découvrir eux même de leur équilibre et des rectifications à y apporter avec le poids de son sac à dos. Tout poids du corps utilisé pour créer un mouvement chez le cheval lui crée un déséquilibre… à nous de rendre imperceptible ces reports de poids afin de ne pas causer de perturbation dans le mouvement. Sinon autant monter un vélo, nous sommes alors certains d’être le seul maître à bord !  Ceci dit, attention aux soleils, certains vélo sont rétifs et mal lunés …

Cela se dit de plus en plus, mais cela dérange encore beaucoup : « un cheval n’est pas fait pour être monté ».  C’est grâce à son ultime gentillesse et de son immense bonne volonté qu’il se laisse mettre une selle et un cavalier sur le dos afin que nous puissions assouvir nos petits plaisirs personnels.

La moindre des choses est déjà de le préparer physiquement pour que sa structure vertébrale puisse être aidé de ses muscles et de ses  tendons afin de renforcer le pont osseux incapable à lui seule de supporter le poids du cavalier sans quelques gros dégâts ostéopathiques à long terme…

Mais cela n’est pas suffisant et le travail ne concerne pas que le cheval… nous sommes l’élément non naturel sur son dos. A nous de nous rendre notre attitude agréable.

Une fois le cheval « préparé » à nous porter (de préférence à pied…nous  n’aurions pas l’idée d’aller nous entrainer pour un trec avec un sac à dos chargé dès le premier jour de 30 kg), il faut prendre conscience que nous sommes assis sur son dos et que notre corps représente le fléau d’une balance (voire l’excellent article d’Isa Danne sur le Balancier globale). Nous ne sommes pas sur un cheval de bois.  Le cheval étant un être extrêmement sensible, un micro-millimétre dans le changement de notre posture perturbe l’équilibre entier du cheval ou pire lui cause des douleurs par écrasement des grands dorsaux (muscles prépondérant dans une locomotion juste). Sous la contrainte, sa seule possibilité sera soit les défenses, soit la soumission malgré des  contractures musculaires.

Le fléau peut agir vers l’avant, vers l’arrière et sur les côtés.  De quoi mettre en péril le plaisir de l’harmonie tant recherchée par simple méconnaissance et gestion de notre propre corps.

Monté à cheval implique deux êtres vivants.  Le déséquilibre de l’un crée l’identique chez son partenaire. Il est donc primordial de considérer le couple dans cette recherche.

Le mouvement du cheval étant perpétuellement changeant (transitions, direction… ), il faut apprendre à notre propre corps à s’accorder en créant un liant souple, non bloquant  et non mécanique afin de ne jamais perturber le mouvement du cheval, mais au contraire à aller avec lui dans une attitude centrée. Allez à l’encontre de son mouvement, c’est à coup sûr crée un parasite qui n’aura pour cause que la tension musculaire ou/et le refus simple d’exécuter le mouvement.

Avec Pakita, les choses sont clairs et je suis toujours fixé sur mon travail. Si il me manque le centrage, l’ancrage au sol, la décontraction, si je n’ai pas laissé mes exigences au placard, elle sait me le dire trés clairement. C’est systématiquement qu’elle ira à l’encontre de la demande, en plus, en y rajoutant toute la force dont elle est capable …  Et si j’insiste dans mon exigence de cavalière club mal polie, elle peut aller jusqu’à me montrer les dents. Elle est mon guide dans cette recherche quotidienne car elle sait me montrer mes erreurs que je prends avec humilité comme des possibilités d’aller toujours plus loin vers la relation à deux.

De même, les mouvements trop impétueux du cavalier peuvent fortement perturber le calme et la recherche d’équilibre chez le cheval. Pour contrecarré les quelques imperfections de notre attitude, le cheval est entièrement capable de devenir acteur dans la réflexion de son propre équilibre. A  partir du moment où notre gestuelle se fait discrète, légère, tendre, le cheval garde son calme puisque cela fait partie du dialogue et sera à même de réfléchir sur son propre corps.  Des demandes brusques seront perçues comme une agression qui nous éloignera de notre recherche d’harmonie.

Le seul prérequis à cette merveilleuse découverte est l’humilité, la patience, la compassion (on en revient toujours au même …) et l’apprentissage de la délicatesse des mouvements qui ont plus de chance d’être « entendu » par le cheval comme une proposition que des demandes faites sous la contrainte contre lesquels il va se braquer et qui n’auront comme seul résultat l’obligation pour le cavalier d’utiliser sa force musculaire si il veut arriver à ses fins coûte que coûte.

Lorsque vous dansez, vous n’arrachez pas les bras de votre partenaire pour lui demander de changer de direction… et pourtant, nous sommes beaucoup à avoir appris à le faire avec nos chevaux…

Ma prof utilise une image qui me revient très souvent … Celle de la tendresse que nous pouvons mettre dans l’accompagnement d’une personne âgées ou d’un aveugle afin de l’aider à lui faire traverser la route. Découvrir cette merveilleuse sensation de guidage avec un cheval, c’est découvrir comment nous pouvons guider quelques 600 kg avec la sensation de monter une plume pour la simple et bonne raison que dans un dialogue respectueux associé à l’apprentissage de l’équitation centrée, l’idée, le mouvement devient mutuel.

Ces notions sont pour moi les bases de l’équitation centrée qui ont changé à jamais ma manière de monter et d’aborder les chevaux. Ce sont des concepts qui m’ont fait découvrir la légèreté dans le mouvement et la formidable sensation de partager les mouvements à deux.

Loin de vouloir donner des leçons, puisque c’est à chacun de découvrir la gestion de son être intérieur, l’équitation centrée est une révélation. C’est « l’équitation » que j’étais venu chercher lorsque j’ai mis la première fois le pied à l’étrier alors que j’avais 9 ans. Il est malheureux de se dire qu’il a fallu que j’attende toutes ces années pour toucher mon rêve de relationnel sur un cheval… bref !

Après, je ne suis qu’humaine et cela ne fonctionne pas tous les jours. La sérénité  n’est pas un élément naturel à la base de ma personnalité… mais j’y travaille, toujours et encore, en présence de Pakita ou dans ma vie. Cela est  un apprentissage dans le ressenti et l’écoute de notre corps directement lié aux pratiques orientales basées sur le tai-shi.

Cet article est l’introduction d’une série d’autres qui mettra en mots mon apprentissage de l’interaction de mon propre corps  et de mon esprit (l’un ne peut pas aller sans l’autre) en lien avec notre évolution.. et oui ! Pakita va mieux physiquement, c’est à moi maintenant de me soigner et de prendre plaisir dans ma locomotion et dans ma tête, afin de rentrer dans son monde …  Chacun son tour … Et je sais qu’elle m’attend !

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7 réponses à “Equitation centrée : pourquoi ?

  1. Hum. Je suis le contenu de l’article à 100 % ?

    Une copine nous a organisé des ateliers de conscience corporelle à l’usage des équitants. (Axe : psychomotricité et centrage reiki). C’est édifiant.
    Les bouquins de Sally Swift sont dans ma biblio, pas encore ouverts, pas eu le temps.

    Et à côté de ça, il y a la nécessité de la symétrie et du fonctionnement optimum du corps. Comment tourner à droite si ma hanche droite ne fonctionne pas. Ma gauche ne peut pas tout compenser.
    D’ailleurs, vendredi soir, j’observais le dos de mon cheval (je tente régulièrement d’explorer les tensions musculaires que je ne sens pas). Et si je sais que ma hanche droite fonctionne mal, j’ai appris vendredi que ça avait un impact important sur mon cheval (je pense que c’est le fait que je compense qui est pire que de ne pas agir). Une tension musculaire sur toute la surface de la selle côté droit. Ce qui doit forcément induire des tensions dans le bout de devant (et de fait, à droite, c’est moins facile à cause de moi, et je pousse beaucoup mon cheval sur ma main gauche -ce qui s’est inversé depuis 1 ans, avant on poussait à droite). Donc en compensant avec ma hanche gauche, je tire sur toute la colonne à droite, déséquilibre mon cheval et handicape le fonctionnement de sa hanche droite à lui, l’obligeant à compenser à gauche…
    Et pourtant, il avait peu travaillé les jours précédents. Une fois monté le samedi (détente en longe), à pied dimanche, à pied lundi, à pied mercredi. Et monté vendredi. Petite séances courtes et ballade vendredi.

    Bref. Notre dernière visite ostéo groupée date de moins de 2 mois. J’ai sentis ma hanche se bloquer au fur et à mesure sans pouvoir y faire.
    HUMPF.

    Et je ne parle même pas d’avancer dans le travail, forcément. On y va gentiment, mais je ne vois pas comment je pourrais « re-dresser » (puisque nous somme en phase de dressage) mon cheval dans les conditions actuelles. Plier pour assouplir les hanches, c’est une méthode fonctionnelle. Mais une fois droit, il faut pouvoir équilibrer gauche et droite, sous peine de maintenir le cheval vrillé. Naturellement.

    • C’est un grand concept avancé de l’équitation centrée ^^ Ce n’est pas à nous de bidouiller pour redresser notre cheval ^^ … ça c’est de l’équitation club classique où nous exigeons une attitude (et dont le cheval n’est pas encore capable) mécanique sur la locomotion du cheval.

      Lorsque l’on avance dans cette équitation, nous nous rendons compte que le mental, l’énergie (des deux partenaires) prennent une place bien plus importante que la mécanique fonctionnelle 😉

      Le travail sur la dissymétrie est d’abord un travail de longue haleine à pied où justement sans sac à dos, le cheval va apprendre de son corps. Pour nous, ce fut 2 ans de travail à pied, en longe où Pakita a pu s’assouplir doucement, seule, en apprenant d’elle même de son corps, sans que je l’encombre en plus de ma propre dissymétrie. (car on a tous une partie du corps qui fonctionne moins bien 😉 )
      Ce n’est qu’une fois « droite » (et encore, c’est pas parfait ^^ rien n’est jamais parfait) que nous avons pu aborder la partie montée.

      (à lire, l’excellent livre de Pierre Baupère « Equilibre et rectitude » 🙂 )

      De même, le cavalier doit apprendre également de son propre coprs, sans aucun jugement négatif ou positif… sans son cheval afin de mieux se retrouver à deux ^^

      Lorsque nous nous disons « oulà, notre hanche gauche fonctionne moins bien que la droite », nous y apportons une notion négative qui va uniquement avoir comme conséquence l’amplification de la géne par notre cerveau.Cela va nous agacer et nous mettre en echec…

      Le cheval n’a pas ce jugement. Il vit avec son corps sans se dire « ça c’est négatif ». Il suffit juste de le laisser faire ce qu’il peut faire tout en étant dans le renforcement positif afin de l’encourager dans ce sens.
      Si nous cherchons au contraire à le « plier », nous posons le doigts sur sa dissymétrie et là, il prend conscience de son problème, ce qui peut engendrer un refus total du mouvement.
      si au contraire, nous acceptons le peu qu’il donne, au fils du temps, sans qu’il s’en rende compte, les exercices demandés vont l’aider à s’assouplir et à gommer petit à petit sa dissymétrie.

      Il faut savoir également que la géne du cheval va également se ressentir sur le cavalier et vice-versa. donc au bout du compte, qui renvoit le message de géne à qui . C’est un fonctionnement mutuel. Lorsque nous nous mettons à prendre conscience de notre corps, un cheval raide à une main va être ressenti dans notre propre centrage, dans notre propre équilibre.

      Au cours du dressage (Pierre Baupère l’exprime trés trés bien dans son livre), la dissymétrie du cheval va passer de droite, à gauche, de gauche à droite, de droite à gauche… mais à chaque fois, cela passe par le milieu… 😉 et à chaque changement le problème va moins vers la gauche et moins vers la droite et fini par rester « au milieu » = cheval droit !

      Donc ne rient chercher nous même, ne rien presser… le cheval donne ce qu’il peut à un moment donné.

      Et surtout ne pas porter de jugement sur notre propre corps, mais faire comme le cheval, vivre avec en ne pensant pas « mécanique osseuse ».

      La force du corps ne réside ni dans le squelette, ni dans les muscles, mais dans l’apprentissage énergétique de l’ensemble. Sally Swift en parle succintement dans son livre principalement accés sur la position. Normal ! puisqu’il faut bien commencé par quelque chose. Et sans une bonne et juste position de notre corps, l’énergie est bloquée et ne peut pas être utiliser. Mais en équitation centrée, il ne faut pas s’arrêter à la mécanique du corps (des deux corps ^^). Ceci n’étant que la partie visible de l’iceberg du travail. 😉
      L’idéal dans ce genre de lecture, c’est de débuter par les chapitres de la fin, histoire de savoir le pourquoi du comment tous les premiers chapitres ont été écrit.

      Il faut savoir que Sally Swift a développé cette « approche », car elle avait elle même de gros problème d’utilisation de son corps qui l’handicapait depuis sa petite enfance. En travaillant avec des psychomotriciens et des maitres en art martiaux, elle a découvert un autre fonctionnement de son corps, non plus basé sur la mécanique osseuse ou même sur la force musculaire, mais basé sur une recherche de Qi Quong (force énergétique interne). C’est là le but ultime de l’équitation centrée 😉

  2. Pierre Beaupère, dans ses cliniques, ne part absolument pas du travail à pied. Je ne sais ce qu’il illustre dans son livre, mais en tous cas, ce n’est pas le point de départ qu’il nous avait proposé, à mon cheval et à moi. Pour lui, c’est le cheval qui nous désaxe parce que son ‘centre de gravité’ n’est pas centré. Il a toutefois parlé d’un travail à faire sur soi, à côté. Mais jamais il ne l’a exigé dans nos cours.
    [Bon, j’avoue tout de même que des heures de travail en piste en ligne droite ne font pas partie de mon idéal de travail. Ce qui explique en partie que ce qui m’a été proposé n’a pas trouvé d’écho en moi, ça a même causé des problèmes importants qui n’existaient pas avant. Résolu… par la précision, le timing et… la restauration du psychique, mis à mal en moins de 45 minutes, peu importe où était la faute -probablement dans mon chef-, mon cheval ne vis pas sur des regrets ou des remords.]

    [Par contre, le travail à pied, c’est le départ que m’a proposé M. Barbieux, qui me donne la technique en visant à l’autonomie. Mes cours sont des minutes d’échanges et d’expérimentations où l’enjeu est de sentir « ce dont le cheval a besoin », partant du principe que le cavalier va se former et venir en place par la force des choses, où M.B. joue un rôle de guide « plein », dirigeant et donnant les pistes de recherche.
    Je n’adhère pas à tous, mais la force de ce professeur est qu’il accepte ma non-adhésion, au contraire de P. B.]

    Après, l’a priori négatif, je n’y crois pas. Je n’ai pas d’objectif de progression, j’ai l’objectif de faire au mieux de ce qu’il est possible de faire à l’instant T. Et sinon, ma phrase la plus chère est « c’est pas grave ». Quand je parle d’une hanche moins fonctionnelle, c’est un constat. Il est important de le sentir pour le faire, y travailler, pas nécessairement à cheval.
    Les enjeux négatifs ou positifs sont des concepts qui n’ont pas leur place dans la pratique équestre. On fait avec l’instant, et l’instant ce construit aussi de tous ses futurs.

    Mais je ne comprends pas votre attention à nier la mécanique. Le rapport à la terre, le poids ferme, c’est à mes yeux la conscience et la sensation de la mécanique.. La claire perception du corps du cheval dans le mien, justement. (Et la sienne du mien, mais au contraire de l’humain, je pense que le cheval vit centré, même si ce centre n’est, comme le dit P.B., pas toujours « au milieu »).
    De même, la technique est un point de départ. Technique sans sensation n’est rien, c’est évident. On apprend pas à monter dans les livres, parce qu’on y sent rien (même si on peut ressentir). Mais sensations obtenues de façon anarchique est rarement productive/sécuritaire/respectueuse. Il m’arrive de refuser certains moments que me donnerait mon cheval parce qu’aujourd’hui, j’estime que, sur le point de vue physique et psychologique, le cadeau qu’il me fait serait abuser de lui-même. C’est mon rôle responsable.

    Et donc, je vous rejoins sur le fait que le cheval donne ce qu’il peut. C’est pourquoi je privilégie le travail sur moi-même et sur une approche globale (paramètres multiples, des conditions de vie à l’alimentation et la maréchalerie, ostéo -et flux énergétiques intrinsèquement liés-)

    Pour le reste, je n’ai pas lu S. Swift, disé-je, donc je ne puis vous répondre. Mais je pense que la perception se construit. Je suis ennemie totale des méthodes rapides. Parce que le corps ne peut se faire, pas plus que la sensation n’arrivera en 1 claquement de doigts. Je pense qu’il est important de débuter par les bases, qui sont toujours assez large pour expérimenter à loisir. Et à cheval comme ailleurs, il faut accepter la construction brique par brique, ce qui signifie aussi prendre conscience du plus grand nombre de paramètres possibles.

    Enfin, ceci basé sur mon expérience personnelle.
    Se baser sur le centrage seul est une bénédiction avec mon espagnol qui est bien fait, naturellement bien orienté et donc… doué (même s’il manque de sang pour les critères actuel, il manque de courage aussi. Je constate moi qu’il me donne sans compter -mais qu’il se mordrait les doigts si j’en abusais, ce qui s’est produit sous la houlette de P. B, qui parle pourtant de conscience et de centrage et de la primauté de l’intention… à pied- et que ma précision substitue totalement cet apparent manque de sang -parce que la réactivité, elle, est intense et d’absolue finesse).
    Par contre, avec ma jument, un peu plus âgée, peu ou mal travaillée, avec un passé et des psychoses indéniables, mais construite pour la traction, en descendant, avec un dos court, d’un bloc, avec un rein trop long (disproportionné même), tellement court qu’il est difficile d’y poser une selle, tellement large qu’il est difficile à plier, des ganaches importante qui rendrait les placers classique douloureux et inutilement dangereux, et une expressivité et une sensibilité qui rendent sa manipulation parfois délicate. Il est important de savoir « revenir en soi », pour garder prise et assumer ses responsabilités (sécurité d’abord). Et il est important d’avoir un peu de technique, parce que le corps devra être aidé pour vieillir, parce que les mouvements du dressage ne lui viennent pas naturellement (et laissée à elle-même, sa locomotion tend à se dégrader plutôt qu’à s’améliorer). Mais la communication est absolument nécessaire, c’est très clair, ne fut-ce que pour des questions de sérénité. Mais le centrage est assez peu utile pour dénouer ce sac de nœud et de crispation (purement morphologique). Et effectivement, à dénouer petit à petit, la simple mise en œuvre, mise en mouvement (assouplissements légers, donc, où effectivement, je prends ce qu’elle donne, tout ce qu’elle donne, même si je limite drastiquement la durée des efforts), j’ai obtenu plus que je n’en ai jamais vu dans sa locomotion, même non travaillée.

    Enfin, tout ça pour conclure que, dans ma tête de piaf, mécanique est un élément de la boule multi-facette intitulée « centrage ».

    • Je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas de technique et de connaissances mécaniques … nous sommes d’accord, je pense. C’est la base. Mais qui de la mécanique ou du ressenti doit passer en premier … ? je pense que c’est à chacun de savoir s’adapter à sa propre personnalité et aux besoins de son cheval.
      Je n’avancerais aucune vérité dans ce sens puisqu’il n’en existe pas. Chacun voit midi à sa porte 😉
      Pour en faire l’expérience depuis 3 ans guidé par ma prof, oui, je ferrais personnellement (mais cela n’engage que moi ^^) passer le ressenti avant la technique mécanique. Mais j’ai une juju un peu spéciale qui ne me laisse pas penser « technique » 😉 Il suffit de prendre le problème dans l’autre sens et tous se régle.
      Mais c’est une évidence… chacun voit midi à sa porte 🙂

      Tout comme le besoin du travail à pied ou non d’ailleurs ! chaque cheval part avec une histoire différente ^^

      Ce blog n’est pas UNE vérité, il représente juste le partage de MON expérience, de notre histoire. Ni plus, ni moins 🙂

      • Est-ce que l’un doit primer sur l’autre ? Mais sensation sans technique ne peut se construire. Et technique sans sensation, c’est un rasoir dans les mains d’un singe…

        Je vous répondais sur P. Beaupère, parce que ce n’est pas l’expérience que j’ai faite de ses cours (mais je serai ravie d’apprendre le contraire, hein :p). Mais personnellement, je suis persuadée de la nécessité totale du travail à pied.

        Bref. Les expériences se rejoignent mais ne se ressemblent pas et c’est tant mieux ! :).

      • Les écrits ne sont pas toujours trés représentatif de ce que l’on désire exprimer ^^
        Je parlais juste de Pierre Baupère pour l’apport qu’il a fait dans le monde équestre concernant la rectitude 🙂 Je n’en parlais pas concernant le travail à pied ^^ Sinon, je pense que j’aurais évoqué le non de Hemfpling, qui se rapproche le plus de mes recherches 🙂

        Heureusement que chacun poursuit son propre chemin. C’est ce qui enrichie les échanges 🙂

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