Sensations et ressentis équestres … source d’incompréhensions

« L’art ne s’apprend pas dans les livres, qui n’instruisent guère que ceux qui savent déjà. » Général L’Hotte

Je viens de comprendre cette citation …

Et à l’ère d’internet, cette citation peut également s’appliquer à toutes les lectures que nous pouvons y faire …

Passionnée par le dressage depuis aussi loin que je m’en souvienne, je bavais avec envie devant tous ces grands cavaliers qui semblaient danser avec leurs chevaux dans un contexte totalement magique. Je me suis  délecter (et me délecte encore) des vidéos du grand Maître Nuno Oliveira. J’ai été ermerveillée par les vidéos  de Bernard Sachsé ayant pris la mesure de son handicap. Tout semble tellement calme, féérique, facile. Aucune aide n’est visible. Ces vidéos ont nourris mes rêves d’harmonie équestres…  Je me suis dit : « Quand je serais grande, je veux faire comme eux ! « 

Bizarrement, je  n’ai jamais retrouvé cette magie dans les concours de dressage haut niveau … et encore moins en club !! Ceci dit, j’admire le niveau de tous ces cavaliers, car je n’ai vraiment pas la prétention de leur faire de l’ombre un jour. Mais je n’y vois déjà plus les même recherches équestres. Y aurait il plusieurs « mondes » équestres ? .. probablement vu les discussions effrénées que l’on peut suivre sur les groupes de passionnés…

Dans ma soif d’apprendre, je me suis gaver de belles lectures sur le dressage, afin de tenter de percer les secrets d’une telle harmonie homme/cheval. Car il s’agit bien de cette recherche qui dirige entièrement ma vie de cavalière…

J’ai donc dans ma bibliothéque : Henriquet, Nuno Oliveira, Bernard Chiris, Pierre Baupère, mais également Frédéric Pignon … pour n’en citer que quelques uns …

J’ai déjà lu tous ces livres une première fois au cours de ces 5 dernières années. Mais je n’en ai pas gardé un souvenir impérissable. Ces livres m’ont  parues plus poëtiques que réalistes à mettre en pratique à mon petit niveau et surtout avec les soucis locomoteurs de Pakita…. soucis qui en fin de compte touchent beaucoup de chevaux dit de « ‘loisir ».  Nous n’avons pas tous la chance de pouvoir trouver nos compagnons parmi les sélectes naissances de races dites « dressage haut niveau ». Je partais donc avec quelques « options » en moins … hihi !  Ce sont des réalités dont il faut avoir conscience, mais cela n’a pas entamer la passion qui dirige mes rêves de  cavalière…  Cependant, il est bon de revoir parfois ses rêves à la « baisse » pour savoir profiter des merveilleux efforts que les chevaux font pour nous.

Depuis ces deux dernières années, je me suis donc plus basée sur des lectures en biomécaniques afin d’aider Pakita au mieux dans sa dissymétrie handicapante. Ma recherche première  étant de redonner à Pakita une locomotion confortable, lui permettant déjà de prendre plaisir dans son propre corps. La découverte de son inné locomoteur l’a, contre toute attente (pour moi… pas pour ma prof qui savait depuis le début vers quoi elle nous menait 😉 )  métamorphosé notre relation.

C’est de cette rééducation fonctionnelle pour Pakita que  des sensations équestres nouvelles sont arrivées de manière totalement inhatendues pour moi …

N’ayant jamais eu la chance de monter un cheval dresser en haut niveau. Je me suis rendue compte que je n’avais même aucune notion de ce que pouvais être : l’impulsion, la rectitude, le contact, l’équilibre, la décontraction… en un mot, la légereté ! … la vrai ! pas ce que j’ai connu en quelques vingtaine d’années de ma vie de cavalière. Cette dernière année à compter bien plus pour moi en découvertes de sensations que toutes ces autres années à me « battre » avec un cheval (contre moi même bien souvent…)  pour des résultats bien loin de la légereté tant adulée.

« On a tendance, de nos jours, à oublier que l’équitation est un art. Or, l’art n’existe pas sans amour. Mais celui qui n’a pas la discipline nécessaire et qui ne possède pas la technique ne peut prétendre à l’art. L’art, c’est la sublimation de la technique par l’amour. L’amour, afin qu’après la mort du cheval, vous ayez gardé en votre cœur le souvenir de cette entente, de ces sensations qui ont quand même élevé votre esprit au-dessus des misères d’une vie humaine. » – NUNO Oliveira 

J’ai pleinement conscience que  toutes ces sensations nouvelles ne sont que des avant goûts de ce que pourrait être la légereté avec un cheval totalement abouti dans son travail. Mais cela me laisse entrevoir et surtout comprendre ce qui se passe entre les cavaliers et les chevaux de ces vidéos qui m’ont tant ravie de par l’harmonie qui s’en dégage… Je sais maintenant qu’un autre dialogue, plus mystique, invisible peut lier un cavalier et son cheval…

Je sais  que j’ai trouvé ce que je cherchais depuis toujours à travers ces embryons de sensations que ma jument m’offre . Mais le chemin est long et sur cette voie, c’est un fait, nous n’avons pas assez d’une vie de cavalier pour nous perfectionner.  Je ne cherche aucunement à briller aux yeux des autres et certainement encore moins depuis que ce merveilleux dialogue m’unit avec Pakita. Je n’ai qu’une envie, m’améliorer pour le simple plaisir de retrouver cette harmonie commune, sans aucune contrainte quelle soit physique ou mentale, d’un coté comme de l’autre. Juste savourer ces quelques moments hors du temps, hors de toute techniques mécaniques équestres et d’autant plus, bien loin de toutes ces guerres qui alimentent le net !

Forcément, mes lectures d’avant toutes ces découvertes,  ne pouvaient pas avoir de sens … ! Je suis en pleine re-lecture de tous ces livres mais avec un autre regard et cela change tous. Je me sens un peu moins emprise par la poésie et le rêve qui s’en dégage ;  et un peu plus dans la compréhension des ressentis que chaque auteur veut retranscrire dans leurs écrits.  Je prends pleinement conscience de l’importance du ressenti. Et je comprends maintenant cette simple phrase :

« L’art ne s’apprend pas dans les livres, qui n’instruisent guère que ceux qui savent déjà. » Général L’Hotte

Je pense qu’il y a autant de « réalités » équestres que de cavaliers qui vivent avec LEURS propres perceptions, selon LEURS chevaux, selon LEUR équitation, selon LEUR propre expérience… Il n’y a pas assez de mots pour donner un sens au ressenti, il faut le découvrir et le vivre… et cela ne peut se faire que dans l’intimité d’un couple cheval/cavalier. A quoi bon chercher à s’expliquer ou pire, à critiquer, puisque chacun vit les choses à son propre niveau…

Partant de ce point, maintenant, je sors le pop corn et je me marre devant les discussions animés de certains groupes où chacun y va de son petit reproche, de son petit dédain ! … comment pouvoir s’accorder sur UNE réalité alors que les cavaliers ne partagent même pas les même sensations équestres… ??? … C’est ni plus, ni moins qu’un dialogue de sourds !

Pourquoi vouloir s’accaparer ou même avoir un avis sur  l’équitation de son voisin alors qu’il n’a pas la même race de cheval, pas la même ennasure, pas le même enseignements, pas les même enjeux… pas le même « monde » équestre  ? … Ne serait ce pas oublier de prendre du simple plaisir avec nos propres chevaux, juste pour ce qu’ils sont et ce qu’ils nous offrent au quotidien ? Tout simplement poursuivre nos propres rêves… pas ceux des autres…

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5 réponses à “Sensations et ressentis équestres … source d’incompréhensions

  1. Je suis bien d’accord qu’il faut se garder d’un quelconque « intégrisme », chaque couple est différent, à lui de trouver sa propre voix, du moment que celle ci est le fruit d’une démarche réfléchie et instruite!

    • Le terme « intégrisme » en équitation me géne un peu, mais dans le sens « intégrisme » de nos rêves, nous sommes d’accord ^^
      Suivre sa propre voix ne veut surtout pas dire se fermer à tout autre chose. Bien au contraire … il ne faut jamais dire jamais.
      Mais en fin de compte, c’est toujours ma juju qui me dit si je suis dans le juste ou pas.
      Une démarche réfléchis et instruite, c’est bien ça ! tous en ne perdant jamais de vu notre individualisme 🙂

      • Voui! Je parlais d’intégrisme dans les propos de certains par rapport à des sujets, car ils dépendent déjà de nos objectifs, du potentiel du cheval, de nos goûts…
        Souvent un cavalier qui découvrent une méthode nouvelle peut devenir virulent, alors qu’il n’a pas la seule vérité..mais du moment qu’il continue de réfléchir, sans se fermer, c’est la bonne voie!!

      • Je suis entièrement d’accord avec toi 🙂
        Chaque découverte que l’on peut faire ne doit aucunement être considérée comme LA vérité… La vérite universelle n’existe pas. Même les cavaliers de plus haut niveau (je parle des meilleurs, ceux qui veulent évoluer) sont en perpétuelle recherche.
        Malheureusement, il existe des intégristes dans tous et particulièrement le domaine de l’équitation. C’est dommage car cela coupe tout partage humain et pire encore, bien souvent, cela coupe toute écoute du cheval.
        Dans toutes méthodes, il y a du bon à prendre. Je pars du même principe que toi … se borner à UNE méthode sans s’ouvrir à autre chose peut devenir une barrière à l’évolution.
        Dans la vie d’un cavalier, comme d’un cheval, il est parfois bon d’utiliser quelques concepts méthodiques pour débloquer une situation à un moment donné…
        Pour moi l’idéal serait de tous connaitre (mais ça fait beaucoup ^^) afin de pouvoir faire les choix adaptés au couple cavalier/cheval. Je suis dans cet optique … et je sais que je n’ai pas fini de comprendre et découvrir des choses. Cette évolution ne s’arrête jamais pour qui veut bien se donner la peine de rester constamment dans cet esprit d’ouverture ^^

      • Je plussoie!! Même mon compagnon qui a une très grosse expérience est ouvert à de nouvelles choses (bon évidemment il va pas se mettre au trec demain vu qu’il fait du cso et a des chevaux qu’il dresse pour ça) mais concernant son rapport au travail, au bien être (il fait brouter sa jument, l’emmène en balade à pied, depuis qu’on est ensemble).. et toujours une petite re-plongée dans des classiques (oliveira, karl..) Pourtant il aurait pu rester dans ses habitudes qui ont portées leur fruits.
        Et moi j’apprend à me comporter en « homme de cheval » un peu plus, moins gagater, mais rester proche en étant rassurante pour mon cheval inquiet et peu calin.
        Je dois dire que cette association porte ses fruits, et on discute très souvent technique, jamais il ne me prend de haut, c’est rare!

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