L’échelle de progression et le travail de Pakita

Le but de mes recherches sur l’échelle de progression n’était pas un coup de gueule contre l’enseignement actuel (quoi que j’ai vraiment l’impression d’avoir perdu mon temps et mon argent dans les structures équestres… bref ! je me calme … ) , mais avait un but bien précis dans ma tête… Retrouver la progression du travail effectuée depuis deux ans …

Reprenons cette échelle d’après la FFE :

1 – Cadence et régularité des allures.

2 – Travail sur l’extension d’encolure : décontraction et souplesse longitudinale

3 – Recherche du contact moelleux et léger avec la main du cavalier.

4 – Impulsion et propulsion énergétique de l’arrière main

5 – Rectitude

6- Rassemblée.

J’y retrouve bien évidement les 6 fondamentaux que je recherche dans mon travail quotidien avec Pakita. Cependant, pouvons nous l’adapter à l’évolution du travail bêtement dans cette ordre avec TOUS les chevaux ?

Cela voudrait dire que tous les chevaux possèdent à la base les même points faible et les même qualités. Peut être que cette échelle peut être suivie à partir du moment où nous débutons le travail sur un cheval totalement « neuf » au débourrage. Mais tous les cavaliers-propriétaires n’ont pas la chance (et parfois pas l’envie) de rencontrer leur future moitié poulain.

Pour la plupart, nos chevaux ont donc un passif. Or, nous ne savons pas forcément comment le débourrage a eu lieu et encore moins, quel programme de travail le cheval à suivi et si il a été monté dans le respect de son intégrité physique dés son jeune âge…

Pour le cas de Pakita, c’était compliqué ! Je reconnais que même si j’étais tombé sur cette échelle de travail et que j’avais voulu en faire une trame pour sa rééducation seule, je me serais totalement plantée !! Pourquoi ? tout simplement par ce que rien dans l’enseignement actuel nous permette d’aborder la rééducation d’un cheval traumatisé par un travail abusif ou/et un accident (comme cela a été le cas pour Pakita).

On a déjà du mal à trouver des références pour travailler un cheval sain sans se perdre au milieu d’une multitude de notions, de méthodes.  On lit beaucoup de choses concernant le dressage. Mais il faut reconnaître que toutes ces lectures s’adressent pour la plupart à des chevaux sains de corps et d’esprit.  Je crois n’avoir jamais trouvé de lecture claire et compréhensibles à la cavalière néophyte que je suis, me permettant de me faire une idée surtout sur la durée d’entrainement du cheval.

Maintenant, je le sais (merci à ma prof et à sa propre expérience) pour préparer le cheval à un début de dressage dans les règles de l’art, il faut environ 3 ans d’entrainement préalable concernant les 5 premiers fondamentaux de l’échelle de progression qui nous intéresse. On retrouve la cohérence du travail demandé au cheval selon l’âge minimum des épreuves.

Oui, mais comment l’organiser, sur quelle durée travailler chaque partie ? Faut il d’ailleurs dissocier chaque concept ? … autant de questions que beaucoup se posent (et moi la première) sans trouver de réponses.

Revenons à Pakita … ce blog lui est destiné et c’est de nos découvertes mutuelles dont je peux me permettre de parler.

Un cheval dans la douleur mental  ou/et physique ne peut aborder ce programme dans le sens où il est présenté sur cette échelle. La théorie est une chose, mais la pratique en est une autre. Il faut savoir s’adapter à chaque cheval et savoir apporter la première pièce  du puzzle pour pouvoir amener  la suite. Il faut même parfois débloquer des problèmes relationnels humain/cheval avant même d’engager un problème physique.

Concernant l’âge de Pakita, lorsque nous avons commencé la rééducation, il y a deux, elle avait déjà 9 ans. Donc le soucis de la croissance ne se posait plus réellement. Et pourtant, ma prof m’a sans cesse fait patienter pour me faire respecter la durée de chaque « phase » d’apprentissage…. Sachant bien entendu, que chaque cheval est particulier et que rien n’est chronométré ou fixé dans le temps. C’est à nous de savoir juger les progrès pour apporter petit à petit la/les phases suivantes…. pas de règle préconçue !

Le travail de Pakita depuis ces deux dernières années à plutôt été le suivant :

– 1 Recherche de l’extension d’encolure pour combler les mauvaises habitudes prises suite à son accident. Elle travaillait le dos totalement creux et sans cette pièce du puzzle, il aurait été impossible d’espérer la voire travailler dans une quelconque régularité des allures. Un cheval qui a pris l’habitude de travailler creux ne peut pas utiliser son arrière main correctement. Les postérieurs fuient vers l’arrière, le dos se creuse, le cheval se met sur les épaules pour pouvoir avançer malgré tous et cela crée un cercle vicieux, donc adieux rêve de cadence… Le cheval ne fait que ce qu’il peut avec son corps !

– 2 Recherche de l’impulsion pour lui redonner plaisir à la mobilité. Un cheval traumatisé dans son corps et son esprit se bloque dans ses allures. D’autant qu’un cheval qui a eu mal à un moment de sa vie enregistrera le mouvement douloureux afin de ne plus le faire. Le problème physique à la base peut même devenir un réflexion de protection et passer au stade mental dans le sens où il refusera d’y retourner par peur d’une douleur. Donc la recherche du plaisir dans son corps a été une priorité.  Associé à cette notion, il a également fallu remuscler Pakita dans le bon sens, ce qui n’est pas une mince affaire lorsqu’un cheval à pris l’habitude de travailler à l’envers (histoire de muscles, de tendons qui ont pris des habitudes et à qui l’on doit redonner leur harmonie)… A noter également que nous soupçonnons  un peu d’arthrose dans le postérieur droit. L’impulsion donner par l’effet ressort des postérieurs à permis au fils des mois une musculation de l’arrière main qui a renforcé son petit déficit articulaire.

– 3 Recherche de la rectitude afin de redonner à sa locomotion un semblant de confort. Un cheval qui travaille le dos creux durant des années, associé à sa dissymétrie naturel, va se mobiliser comme il peut. Et il est rare qu’il se mobilise dans la rectitude. Pour soulager un membre (en l’occurrence pour Pakita, le postérieur droit), il va travailler avec un membre béquille (pour Pakita, le postérieur gauche). Dans le cas de ma jument, le fait que l’arrière main soit douloureuse, elle a pris l’habitude de se mettre fortement sur l’avant main pour se traîner comme elle pouvait en évitant les douleurs dans l’arrière main.

– 4  Recherche de la régularité dans les allures. Cela n’a été qu’une fois les 3 autres fondamentaux améliorés (car on y travaille toujours) que Pakita a pu nous montrer des allures plus déliées, plus cadencées. Sans l’apport des 3 autres notions, cela n’aurait pas pu être possible car elle travaillait le dos creux, avec une forte dissymétrie et sans impulsion. Nous (ou devrais je dire « je ») travaillons le rythme. Le fait de marcher à coté d’elle en marquant mes pas comme un métronome (enfin, je fais ce que je peux … ) l’aide à trouver sa propre cadence.

En fin de compte, ces 4 premières phases ont été indissociables. Je ne pense pas que l’on puisse travailler sur la locomotion du cheval (tout du moins à pied… monté, c’est autre chose) en dissociant impulsion, extension d’encolure, rectitude, cadence. Chaque partie du puzzle qui progresse va aller débloquer une autre partie et ainsi de suite… c’est en tous cas ce que j’ai pu constater durant ces 2 dernières années de travail dans ce sens.

– 5 Recherche de la qualité du contact montée. Les deux premières années, Pakita a été travaillée pratiquement uniquement à pied. La partie montée n’était que de l’amusement et juste du plaisir d’être sur son dos. Il est bien évident qu’un cheval qui travaille dans l’inconfort ou/et qui a mal au dos monté (car pas muscler dans le bon sens) ne peut pas trouver le plaisir du contact franc, léger et moelleux avec la main de son cavalier. Le contact est venue également de ma propre décontraction. Il est venu un peu par hasard d’ailleurs. Je pense que le travail fait auparavant à pied a aidé Pakita à prendre du plaisir dans son corps, dans une locomotion juste et confortable pour elle. Au fils des mois, le travail dans le bon sens lui a permis de renforcer son dos et les muscles de l’encolure (qui participe activement à la tension du ligament nuckal). Cette phase lui a permis de pouvoir me porter sans douleur dorsale. Car comme on le sait bien, lorsque l’on a mal au dos à porter son sac à dos, on le creuse pour tenter de se soulager.

– 6 Recherche du rassemblée. Phase que nous commençons seulement à entrevoir grâce au travail tout récent du deux pistes à pied. Cela reste bien entendu la dernière phase, puisque sans les 5 premiers fondamentaux, le rassemblée est impossible dans la justesse. Il nous reste encore du chemin, même si je commence à en deviner les sensations.

Tous ça pour dire, que cette échelle de progression, à mon sens ne peut pas être LA solution à tous les chevaux prise en globalité sur l’évolution. Chaque cheval doit être travaillé de manière à apporter la pièce du puzzle qui manquante fera défaut à la pièce suivante.

Cela me refait penser à toutes ces guerres de clochers entre cavaliers qui pratiquent pourtant la même passion… Il n’y a pas de vérité ! Il ne faut pas observer le travail des autres pour évoluer. Comme toujours, il faut écouter son cheval et suivre son propre chemin.

Cependant, les avis sont toujours (ou tout du moins devraient l’être …) constructifs, à partir du moment où nous savons rester ouverts, même sur des notions qui ne nous plaisent pas. Il m’est parfois arrivé de me poser des questions (notamment concernant l’utilité des cessions de mâchoires et le fait que Pakita soit travailler sans mors). Mes recherches m’ont amené à comprendre un peu mieux le rôle du ligament nuckal (ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres). Mon questionnement n’a donc pas été vain, puisqu’il m’a apporté d’autres éléments… l’ouverture d’esprit nous fait évoluer à travers nos connaissances. ET la découverte de cette échelle de progression m’a permis une réflexion plus poussée sur le travail effectué jusqu’à maintenant avec Pakita et il m’a aidé à comprendre certains pourquoi et certains comment … Une petite pierre supplémentaire à l’édifice … ça fait pas de mal !

A noter que cette échelle de progression (qui je le rappelle est une base en système de notation pour les épreuves de dressages … ou devrait l’être !) correspond au tableau de croissance du cheval… un hasard ? J’essayerais de croiser dans un prochain article les deux documents…

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