Les méthodes dites « étho » … oui mais l’évolution est à venir…

Les méthodes de renforcement positif ou négatif est un sujet brûlant à l’heure actuel… Les mentalités évoluent (et c’est tant mieux …) et il semblerait qu’un bon nombre de cavaliers en premier abord attiré par les facilités alléchantes qu’offrent les méthodes dites « éthologiques » évoluent vers une autre approche, qui au jour d’aujourd’hui, me parait plus approprié à la nature profonde du cheval, de part l’expérience que j’en ai faite.

Loin de moi l’idée de critiquer les méthodes dites « étho ». J’ai utilisé avec ferveur la méthode Parelli durant quelques temps et cela m’a permis de dépasser quelques soucis relationnels que j’avais avec Pakita. Sortis de club, il faut bien commencer par évoluer en suivant une autre philosophie. Et les méthodes « étho » de par leur accessibilité, leur technique bien rodée et leur facilité (apparente) apportent un grand mieux par rapport à tous ce que nous apprenons en structures équestres club.

La philosophie de cette méthode implique le cheval … grande nouveauté, il en va de soit ! On apprend à ne plus regarder le cheval comme une belle mécanique, mais comme un esprit pensant et proposant. De quoi poser des bases relationnelles solides. Mais est ce que c’est méthodes sont réellement bien interprétées par les enseignants qui les transmettent ? … là ! c’est moins sure !! Il s’agit bien d’un moyen efficace pour qui rajoute de l’autoritarisme d’arriver à ses fins et dans ce cas, le cheval n’a plus son mot à dire. La nature de l’homme est ainsi faite et il existe autant d’interprétation que d’humain qui pratique.

Cependant, au fils des mois et de mes découvertes (et aidé de ma prof qui m’a ouvert les yeux) , je me suis demandé si la relation crée était saine et juste aux yeux de Pakita. Son comportement m’apportait des éléments de réponses que je ne pouvais nier. Elle était encore fort grincheuse, discutait souvent et son attitude était encore quelque peu agressive à mon égard. Certes, Pakita est de nature à discuter. Mais que cherchais t’elle à me dire ?

Une évidence m’est venue à l’esprit : les méthodes éthos pouvaient transférer la contrainte physique tant réfutée en club, vers une forme d’autoritarisme laissant peu de chance au dialogue, ce qui d’un point de vue « cheval » revient un peu au même : EXIGENCE du bipède !  La méthode laissait peu de place à l’erreur ou au dialogue. Pakita avait des douleurs dans son corps et ne pouvait pas encore faire certains mouvements. L’exigence imposée par cette méthode étho ne lui laissait pourtant pas le choix. Elle devait faire où la phase 4 arrivait…. Pas trés juste tous ça …

J’ai d’abord pris cela (comme disait le Monsieur) pour une volonté de dominance de sa part. C’est donc avec ferveur et certitude que je me suis mise en conflit avec ma jument, sans même m’en rendre compte et en trouvant ça, limite normal…

Quand au fond de notre tête, le mot « dominance » résonne, il résonne en nature humaine… L’utilisation du renforcement négatif (phase 4) est il compatible avec le renforcement positif (arrêt du stimuli) … qu’est ce que le cheval retient ? et pour quelle raison, il agit ? Pour la récompense qui va suivre ? ou par peur de la phase 4 ?

Au fils des mois, j’ai abandonné l’utilisation du renforcement négatif et c’est par « miracle » (ironie… lol !)  que Pakita a abandonné ses défenses… Il m’a fallu deux ans, mais j’ai compris depuis la vrai nature de Pakita. Ce qui m’aide aujourd’hui pour faire cette synthèse. Pakita de part son expérience de jument traumatisée par l’homme, se sous-estimait et doutait totalement de ses capacités. Elle s’était fabriquée une carapace tellement solide qu’avec le temps, cela en était devenu en apparence sa nature. Cette carapace l’aidait à faire face à toute éventualité d’acte injuste de la part de l’homme (ou des autres chevaux). Elle mettait tout le monde à distance (statut apparent de jument dominante), histoire de ne prendre aucun risque.

Toute approche en renforcement négatif, d’une part la confortait dans la nécessité de ne jamais faire confiance à l’homme (forme de trahison à ses yeux) et d’autre part la laissait dans son idée qu’elle n’était pas capable de choses bien.

Le renforcement positif l’a révélé à elle même. Je ne « punis » plus par contre je renforce son image valorisante lorsqu’elle trouve la « bonne réponse ».

Renforcement positif à donf !! esclaveeeee grattez !  … lol !

Pakita et ses esclaves 2

Si je peux faire actuellement ce témoignage, c’est que j’ai le recul de deux ans durant lesquels j’ai changé totalement mon regard et mes manières de faire et d’interpretter. J’ai également découvert depuis d’autres formes de communications, tel le concept EPONA, pour ne pas parler de Communication animale. J’ai découvert la formidable faculté qu’à le cheval a communiquer par empathie avec son environnement. J’ai découvert à quel point le cheval peut faire preuve de compassion envers son bipède. J’ai découvert l’extrême volonté qu’à le cheval à faire l’effort de nous comprendre.

Je n’ai pas rejeté les jeux délirants et amusants que propose Parelli. Je les ais adaptés à mes nouvelles découvertes. J’ai changé ma vision du cheval en oubliant le terme « dominance » et en le remplaçant par « dialogue ». Et c’est une nouvelle jument qui est née. Ma grincheuse est devenue une boule de délicatesse, de bonne volonté, de propositions parfois farfelue, mais tellement drôle. Elle ne conteste plus, ne montre plus les dents, ne me lance plus de coup de tête. Et pourtant, notre quotidien est fait de renforcement positif et uniquement ! … Alors, si les notions de dominance étaient justes, ne tenterait elle pas de reprendre le dessus face à la « baisse de mes gardes »  …  ? ??

Je nous laisse le droit à l’erreur. Je ne prends plus  les erreurs pour des échecs, mais faisant partie intégrante de l’échelle de progression. Cette notion, à bien y réfléchir, fait également partie du renforcement positif. A ne voire que la « non réalisation » et les erreurs, nous ne voyons plus les efforts et les progrès que font nos chevaux pour nous satisfaire, voire même pour comprendre ce que l’on attend d’eux.

Forte de mes expérience, il ne faut pas non plus se laisser guider par un monde de Bisounours. Nous nous amusons avec un animal de 600 kg. Le respect est une chose sérieuse. Les chevaux sont opportunistes et savent se faufiler, pour leur propre intérêt, dans la moindre faille. Mais cela veut il pour autant dire qu’ils veulent prendre le pouvoir en nous dominant ?  Je pense qu’il y a un monde entre ces deux concepts…

Le passage pur aux méthodes étho m’a fait découvrir énormément de choses, mais il faut savoir sortir du cadre pour aller à la découverte de la vrai nature du cheval. L’évolution passe par l’ouverture d’esprit…

Pour Pakita et moi, nous avons choisi : RENFORCEMENT POSITIF. Cela ne veut pas dire que je passe mon temps à papouiller Pakita. Mais j’ignore les ratés et je félicite les efforts et les réussites. Pakita n’a jamais été aussi volontaire, épanouie et respectueuse qu’actuellement !

A chacun de faire ses expériences pour  construire son rêve équestre !!!

 

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6 réponses à “Les méthodes dites « étho » … oui mais l’évolution est à venir…

  1. Je viens de finir de lire votre témoignage, et je me reconnais un peu dans votre histoire. J’ai acheté il y a peu un selle français de 7 ans, qui avait été poussé à l’extrême en CSO, et que sa proprio vendait car il touchait les barres et elle n’avait pas assez de jambes..
    Bref, un cheval gentil comme il y en a peu, et complètement blasé.
    J’ai commencé par le laisser au repos durant 4 mois, puis soucieuse de bien faire, je me suis mise à la méthode Parelli avec une instructrice 3 étoiles.
    Bon, j’étais toute motivée au début, mais très vitre premier bémol: tout ce qui n’est pas Parelli est faux et met en danger le cavalier. Super, je m’aperçois que c’est très sectaire , que tout cela laisse peu de place à son propre ressenti et à sa propre expérience, mais je me dis que je vais persévérer un peu encore.
    Sauf que:
    1. Avec le fameux Circle Game, à chaque fois que mon cheval passait derrière moi, il tirait sur la longe comme un malade, jusqu’à un jour me l’arracher des mains et partir au galop avec la longe menaçant de s’enrouler autour des antérieurs, super safe..
    2. A force de lui mettre la pression pour reculer, il s’est à demi cabré, encore une fois super safe.
    3. Le fameux freinage d’urgence, j’ai même pas voulu tenter, j’imagine le truc avec un cheval d’1m72 lancé en plein galop dans un champ au sol gras…
    4.A force de pas le travailler en position correct, le pauvre n’a plus de dos ni de condition, alors super pour me porter!
    5.Mon cheval s’ennuyait et commençais à me manquer de respect, ça devenait limite dangereux.
    6. Pas le droit de communiquer avec la voix, seulement du langage corporel….ouais, moyen quand même.
    7. Dieu que le matériel est cher, et il faut être inscrite sur Parelli Connect pour passer ses niveaux, et encore payer pour ci, pour ça, sans compter les 60 euros de l’heure que la monitrice prend pour les cours. Bref, un bon business pour Parelli!!
    En conclusion, je me suis remis à monter avec mon cœur et non d’après des méthodes toutes faites. Je suis à l’écoute de mon cheval, je fais beaucoup d’extérieur car il aime beaucoup ça, je ne le monte pas tous les jours je fais aussi pas mal de ballades à pied,je le bosse raisonnablement pour ne pas le dégouter, je le longe de façon classique avec des ordres vocaux, et depuis tout se passe à merveille, dans le calme, sans conflit, son respect est revenu comme par magie.On apprécie d’être ensemble, et il a perdu ses expressions de cheval tantôt blasé, tantôt énervé.

    • Les méthodes, à mon sens, ont toutes du bon et du moins bon … il faut prendre ce qui nous va et laisser ce qui nous cause moins. Mais c’est toujours difficile de faire au ressenti lors de ce type d’enseignement. J’ai fais pareil… j’ai gardé ce qui nous convient et j’ai laissé de coté ce qui n’était, en fin de compte pas vraiment fait pour Pakita et moi ^^

  2. Oui, c’est clair, il est difficile de faire au ressenti dans ce type d’enseignement…Pour ma part, je trouvais qu’il y avait de bonnes choses chez Parelli, et j’aurais volontiers continué sans forcément passer mes niveaux, en adaptant les exos à mon cheval, mais le problème venait du fait qu’avec mon instructrice, c’est soit on ne fait que ça à 100%, et c’est bien, soit on dévie du « droit chemin », et c’est faux. Et comme je pense que les extrêmes, c’est jamais bon…..
    Du coup je me suis remise dans les bouquins d’Elisabeth de Corbigny pour piocher des idées, je trouve encore pas mal.

    • C’est un peu le soucis des méthodes prisent dans leur globalité. Cela laisse peut de place à d’autres idées…
      EDC … oups, j’ai lu ! je n’ai pas accrocher du tout… C’est encore trop proche (pour moi ^^) du langage codé et appris par coeur par le cheval. Mais c’est comme tous, il faut prendre ce qui correspond à notre expérience à un moment donné, et surtout à notre philosophie du moment et encore plus à nos rêves personnels 🙂

  3. C’est pour ça que j’ai écrit « piocher des idées » ;-))), lol. Quand je me trouve face à un souci, et que les méthodes classiques me semblent peu adaptées au problème que je rencontre avec mon cheval, je relis volontiers quelques pages du bouquins, parfois ça m’aide à comprendre…
    Il est vrai qu’avec mon cheval actuel, je rencontre peu de problème de comportement ou autre, donc j’y vais plus au feeling…
    Par contre avant lui j’ai eu un entier de 2 ans, quand je l’ai acheté, je pouvais même pas le toucher dans le boxe. Tout le monde me disais que j’étais cinglée de prendre une bestiole comme ça, mais le cœur a ses raisons…
    Donc j’ai bossé pas mal avec les bouquins de EDC, en adaptant au cheval quand un exo ou un comportement vis à vis de lui me semblait inadapté, et j’ai réussi à le débourrer seule, à aller en ballade en groupe ou seule sans problème, avec un simple mors en résine. J’ai vraiment eu une relation fusionnelle avec lui, pleine de complicité et de confiance, en écoutant ce que me dictait mon cœur et mon cheval, et en évitant les extrémistes quels qui soient… Ah la la, c’est difficile de ne pas y perdre son latin, avec toutes ces méthodes miracles, toutes ces infos qui nous tombent dessus de partout: éthologie ou pas, mors ou pas, ferrage ou pas, etc etc…lol

    • Je te comprends ! ^^ il est trés difficile d’y perdre son latin avec tous ce qui se dit partout … comment faire des choix ?
      Le plus simple, en fin de compte est d’écouter son cheval. 😉

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