Le renforcement positif / négatif …

Mieux qu’un long discours ….  Voilà ou mène le renforcement négatif !!

thelwell punition

Blague à part … J’adoreeeee !!  Mais la réalité n’est pas si loin … L’utilisation du renforcement négatif ou positif à un impact certain sur l’image que le cheval se fait de nous, mais aussi sur l’image que l’on a de lui …

Attention ! je pose le cadre de ces réflexions en rapport avec le travail (et ma propre expérience) et non en rapport avec des signes d’irrespect pour où, là, le bisounours n’a pas sa place… J’estime qu’en cas d’irrespect, on ne peut pas parler de renforcement positif ou négatif. Le plus compliqué est surement de définir où s’arrête l’incompréhension du cheval lors du travail et où commence l’irrespect pur … c’est un autre débat ! Les apparences sont bien trop souvent trompeuse et c’est à chacun de poser les bases du respect avec son propre cheval avant même d’avoir l’idée de débuter un véritable  travail.

Donc, pour l’apprentissage … J’ai longtemps fonctionné sur les concepts éthos, impliquant donc l’idée du renforcement négatif  (pause d’un inconfort) associé au renforcement positif (arrêt de l’inconfort quand la bonne réponse est donnée).

Avec le recul, cette solution nous a sauvé la mise en apparence… Mais…

Cela revient à dire au cheval « tu ne fais pas bien, tu ne fais pas bien, tu ne fais pas bien  » et « oui, c’est ça » et en mode « étho », on éteind toute émotion et on retrouve son calme. Je trouve ce concept assez réductif face aux vrais capacités empathiques et volontaire  dont les chevaux sont capables.  Il y a un coté dictateur qui ne plait plus dans ce concept.

En posant un inconfort/une punition, on ne laisse aucun choix au cheval. Si il veut retrouver son confort, il n’a pas le choix, il DOIT faire sinon le stimuli ne cesse pas.

Sur une jument comme Pakita, la méthode est périlleuse et n’apporte que des résultats apparents. Elle va faire, mais l’estime de ses efforts n’a plus d’intérêt. Elle aime chercher les réponses, mais elle n’aime pas l’exigence. Elle va faire par peur des représailles et non pas par recherche du plaisir. Cela s’apparente beaucoup à la soumission.

Son passif de jument traumatisée et abusée par l’humain lui ont donné une image d’elle même trés négative et elle se « fâche » trés vite face à une attitude qu’elle voit comme une injustice. Le renforcement négatif n’a eu pour effet que la mettre bien souvent en défense et donc dans le refus de coopérer car elle se fermait totalement à une possible réflexion sur elle même. Elle voyait même cela, parfois comme de l’agression. Et un cheval qui se sent agressé ne peut plus entrer en réflexion dans la sérénité.  Si j’insistais un peu, elle attaquait… ce qui me laissait penser, d’ailleurs à l’époque (heureuse mon point de vue à changer…) qu’elle cherchait à me dominer. Je mettais donc un peu plus d’inconfort, ce qui n’avait pour effet que de la faire monter un peu plus dans son discours… voilà comment créer un cercle vicieux avec un cheval : ne pas l’écouter et ne pas SE remettre en question ! J’ai fait l’erreur et elle m’a montré comment faire …

Elle doit toujours être réconfortée, à chaque nouvel exercice pour se sentir rassurée sur ses propres capacités. Et seulement alors elle va se mettre actrice de l’apprentissage et donner le meilleur d’elle même dans une totale décontraction mentale et physique. Elle sait qu’elle ne risque rien, même si elle ne comprend pas ce que je lui demande.  Il faut que l’apprentissage devienne une réussite personnelle afin qu’elle ne garde que le plaisir d’avoir trouvé. Plaisir personnel qui s’est transformé d’ailleurs en plaisir de me faire plaisir … sisi ! si je rigole d’une chose, elle y revient encore et encore …

Le renforcement négatif pour certain chevaux est particulièrement stressant lors de l’apprentissage. Des chevaux peut sure d’eux même vont développer de l’inquiétude  face à la possibilité de ne pas trouver la bonne réponse, et bien entendu, le risque des phases qui vont suivre.

Le machouillement (une fois le confort retrouvé) peut cacher ce phénomène. On m’a souvent dit que le machouillement était le signe que le cheval avait compris ou/et qu’il s’était soumis … et peut être même les deux ? non ?

Certes, le cheval se rassure d’avoir trouvé la bonne réponse. Mais bien souvent, il machouille aussi pour libérer le stress qu’il vient d’emmagasiner durant l’utilisation du stimuli. C’est un « ouf, j’ai la bonne réponse, l’inconfort a cessé et mon bipède ne va pas monter en phase ». Le machouillement peut également être le signe d’une décontraction mentale suite à une grande concentration dans le calme… tout dépend du cheval. Mais comme toujours, difficile de savoir ce que eux manifestent à travers ce signe.

Le renforcement positif est au contraire valorisant pour le cheval. Un cheval qui se met a avoir une image positive de lui même car il est reconnu et change totalement de comportement. Il fait les choses avec plaisir. Sa volonté de bien faire est décuplée et  toute son attention se dirige vers son cavalier et ses demandes. Son attitude va également s’en ressentir car c’est avec fierté qu’il va participer à son apprentissage. Le cheval abordé par le renforcement positif sera en régle général plus serein et attentif car il sait que ses « erreurs » ne seront pas « punies ».

Une notion encore inconnue, car trop masqué par cette idée répandue que le cheval veut nous dominer est sa volonté profonde à faire plaisir à son cavalier. Lorsque l’on agit en renforcement positif, on peut faire cette découverte car notre regard change inexorablement. C’est un véritable dialogue qui se met en place. Et le mot dialogue n’est pas vu uniquement pour le cavalier. Quand j’entends ma jument froufrouter car elle est contente de savoir faire et de me donner « la bonne réponse » comment ne pas être rassuré sur le choix que j’ai fait …

On peut se demander alors si la pose d’un stimuli devient du renforcement négatif. Dans ce cas, certains vont se dire, je ne veux pas poser d’inconfort à mon cheval, donc je ne fais rien et je ne le contrarie jamais… libre à chacun de faire ce choix. Mais ce n’est pas personnellement mon but. Je pense sincèrement que ce n’est pas le geste (montrer du stick un mouvement et taper pour que le cheval se bouge sont deux notions différentes pour lui), mais l’intention qui est mis dans ce geste. L’intention implique t’elle une intention bienveillante ou une intention punitive ?  … N’oublions pas que nos chevaux sont maîtres dans l’art de venir lire nos pensées les plus profondes….

L’utilisation du renforcement positif  ne rend pas le cavalier plus intelligent aux yeux des autres….Ca c’est certain !!!! Les encouragements sont parfois bruyants et viennent du cœur. Les « ouiiiiiiiiiii » sauvages sortent certes un peu du cadre de l’apprentissage classique dans la retenu … mouarf ! mais quand on a goûter au plaisir partager avec son cheval et que l’on voit les résultats, on en oublie vite le regard des autres… Après tous, le ridicule ne tue pas …

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