Le contact et mise sur la main

Avant de commencer, je tiens à préciser que la guerre des mots ne passera pas sur ce blog … « mise en main », « mise sur la main » … je laisse ce type de discours aux  puristes. Je préfére de loin passer du temps avec ma jument à la recherchede sensations nouvelles… et quelles sensations !!

… Et puis, en plus, je me vois mal jouer sur les mots, puisque je suis « sans-mors »… on le sait bien ! toutes ces notions sont impossibles sans-mors…

 Je ne devrais même pas aborder un tel sujet ….

Ce qui m’importe, c’est que Pakita m’offre actuellement une attitude montée totalement différentes que celle que j’avais connu par la passé. Elle ne pése plus à la main, ne m’arrache plus les rênes, ne tourne plus son oeil vers moi pour m’observer les oreilles couchées, stabilise sa tête. Et une sensation merveilleuse de légereté venant directement de son équilibre et de sa locomotion retrouvée voit le jour. Nous n’en sommes pas au ramener qui sera le reflet d’un engagement de ses postérieurs associé à une impulsion supérieure lorsqu’elle sera dans la capacité de se rassembler. Je ne  cherche aucunement ce ramener si cher à l’enseignement et si incohérent à l’équitation de légereté. Cela arrivera le moment venu comme un cadeau … patience !

Je suis en perpétuelle découverte. Chaque jour apporte son lots d’agréables surprises proposées par Pakita. Au fils des jours, de merveilleuses sensations arrivent. J’ai beaucoup lu et je mets petit à petit des sensations sur mes lectures. Difficile de comprendre toutes ces lectures pointues en dressage, sans jamais avoir ressenti un cheval se confier à notre main. Pouvoir « guider » et intervenir sur l’équilibre de quelques 600 kg de muscles est quelque chose de merveilleux. C’est un accord mutuel dans la confiance.

A préciser d’ailleurs que si vous faites une recherche sur  « mise en main/sur la main dressage », vous lirez des définitions différentes. Et surtout des avis différents sur la manière de l’obtenir.

Pakita est sans-mors, je ne peux pas tricher. Je ne pouvais l’obtenir que d’une seule manière … en commençant par le commencement : l’impulsion et l’équilibre de ma jument.  La mise sur la main n’est en aucun cas un phénomène mécanique de ramener. Sans mors, aucune triche possible. A aucun moment, je n’ai (et ne vais)  exercer de tension afin de « jouer » sur la perpendicularité de la tête de Pakita. Cela, c’est mettre les rideaux aux fenêtres avant d’avoir construit des fondations solides. Tous vient de l’impulsion qu’elle met dans son arrière-main (travail de ces deux dernières années) et de la tension de son dos. Sans mors, aucune possibilité de « placer » artificiellement un cheval par force. Ce qui n’est d’ailleurs nullement conventionnel… et pourtant trop de cavaliers ne regardent que l’attitude du port de tête… Peut importe si le dos est creux, c’est chic d’avoir un cheval « placer ».

«C’est en mobilisant beaucoup les hanches et sans nous occuper de la disposition du bout de devant, que le cheval s’équilibrera peu à peu, qu’il commencera à prendre confiance dans la main et qu’il s’y appuiera doucement, en fixant la base de l’encolure comme conséquence de l’impulsion acquise«. Nuno Oliveira

C’est tout à fait de cette manière que cela s’est passée. Je ne l’attendais pas plus que ça. Honnêtement, ne l’ayant jamais ressenti auparavant sur tous les chevaux que j’ai monté depuis l’âge de 9 ans, il m’aurait été difficile de le rechercher. Et pourtant, c’est tout neuf !! montée, Pakita vient au contact de ma main tout en légereté. Au début de manière timide et psoriasique  le contact devient de jour en jour plus franc, ce qui me permet de commencer à travailler plus sérieusement sur ce que Pierre Baupère appelle le balancier. L’avant main remonte alors que l’arrière main s’abaisse… On est en ce sens également en pleines découvertes. Mais chaque chose en son temps, nous n’en sommes qu’aux balbutiements, qu’aux tests. Je ne fais que proposer et Pakita dispose… On en reparlera dans quelques mois. Pourtant, parfois, lors d’une séance, quelques belles sensations qui s’amorcent le temps de quelques foulées paradisiaques.

Cette fameuse mise en main est arrivée lors du travail rechercher autour de l’extension d’encolure. Je pense que l’une ne peut pas aller sans l’autre. Ma recherche principale était que Pakita accepte un contact léger, mais permanent et surtout dans l’impulsion. Le but est de pouvoir lui demander de suivre ma main en toute circonstance sans qu’elle lâche le mors side aussi bien vers le haut, que vers le bas. Mais à une condition : qu’elle ne creuse pas son dos et qu’elle ne perde pas cette envie de se porter en avant via l’énergie des postérieurs.

«Le cheval doit tendre ses rênes et adopter ainsi une attitude qui correspond à l’allure et favorise l’épanouissement de ses forces. C’est le but de la mise sur la main .
La mise sur la main nous aide à améliorer l’impulsion.«

Reiner Klimke

En effet, la mise sur la main commence à me permettre l’amélioration de l’impulsion. Il m’est arrivé à deux reprises de sentir les postérieurs connectés sur mes mains. C’est une sensation nouvelle pour moi et fabuleuse. Rien n’est jamais acquis et cela tient pour le moment, plus du hasard que d’une recherche volontaire. Mais au moins, je sais, maintenant, ce que je recherche….

Je joue beaucoup lors d’une séance (tout le temps même !) sur des longueurs de rênes différentes (conseils donnés par ma prof que je remercie au passage… ). Afin d’aider Pakita dans le travail d’extension d’encolure, j’ai pris pour habitude de raccourcir mes rênes pour lui demander de raccourcir son allure et d’avancer mes mains afin qu’elle allonge son dos dans les demandes d’allongement. Je ne travaille donc jamais sur une longueur de rênes égales. C’est à mon sens une indication pour le moment qui l’aide beaucoup à travailler avec son dos et non pas en le creusant. Il est bien entendu que tout le travail fait en amont sur l’impulsion et l’extension d’encolure permet la cohésion de l’avant main avec l’arrière main sans laquelle tout ce travail ne serait pas possible dans la tonicité du dos et dans la vrai impulsion. Celle qui vous décolle de la selle car elle part des postérieurs et fait se tendre le dos.

On apprend à deux à se coordonner. Elle m’a appris ses limites en m’indiquant parfois si je mets trop de « force » dans mes demandes. J’expérimente et je vois ce que Pakita me propose.

En seulement quelques séances montée (puisque montée, nous n’avons repris le travail qu’il y a 4 mois), les sensations s’affinent et deviennent légères  évidentes, naturelles… cela me laisse percevoir la suite … mais chaque chose en son temps ! ce n’est pas le moment de faire Madame Plus. Même avec ces nouveaux éléments, on prendra notre temps et j’attendrais, comme toujours, que Pakita me montre le chemin… Je ne viens pas de passer 2 ans à perdre mes sales habitudes de cavalières « club » pour me mettre à retourner vers l’exigence et la contrainte….

J’ai une petite vidéo de notre début de travail dans ce sens, que je mettrais dans l’évolution de Pakita.

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3 réponses à “Le contact et mise sur la main

  1. C’est merveilleux! Je viens de découvrir ton blog via cet article, et j’aime énormément ta façon de voir les choses! Vraiment =)
    J’ai moi-même un cheval en tiers de pension, que j’aime bosser en licol (le side sera pour Noël! Tu as lequel toi d’ailleurs?). Ton article m’a donné de nouvelles idées pour travailler la mise en main, que je n’ai jamais réussie avec lui.
    Pour l’extension d’encolure néanmoins, comment l’as-tu obtenue?

    En tout cas bravo pour ton boulot génial, je cours dévorer tes autres articles! =D

    • Merci pour ton commentaire, ça me touche ! 🙂

      Mon side, c’est celui-ci : http://4sabots.wordpress.com/2013/05/01/side-maison-a-partir-dun-filet-decath/ Pourquoi faire compliqué et/ou cher quand on peut faire simple ! 😉

      L’extension d’encolure, c’est au début, uniquement faire découvrir un nouveau confort au cheval. TOUS les chevaux (sauf blocages ostéo, stress trop important … etc…) y reviennent d’eux même. Après, tous dépend du cheval sur la manière de s’y prendre.
      La plupart des chevaux travaillent la tête haute car on leur a jamais permis de travailler la tête basse… on veut toujours tous tout de suite… et après, on obtient ça : https://lechevalenharmonie.wordpress.com/2013/11/15/cheval-sur-les-epaules-derives-et-bidouillages-coup-de-gueule/ et donc tout le contraire de ce qu’on aimerait avoir …

      Le but étant donc de leur faire découvrir donc tous est permis, y compris (pourquoi pas) marcher à coté du cheval au pas, agir sur la longe vers le bas et féliciter grandement lorsque le cheval céde… c’est une option que par la suite on affine en l’amenant en longe (jamais sur un cercle fixe mais en marchant avec lui) vers l’impulsion.
      On peut aussi l’amener en longe, au pas ou au trot. Il faut être soit même détendu et doux dans nos demandes, sinon on se retrouve avec un cheval satelisé la tête en l’air … logique. Pas besoin au début de demander beaucoup. C’est une découverte où il ne peut pas être dans la bonne attitude tout de suite… C’est un travail d’étirement et on ne peut pas faire le grand écart du jour au lendemain 🙂 Il faut rester à l’écoute et attendre le cheval…

    • Mais la mise en/sur la main n’est que le résultat d’un équilibre acquis… donc d’une locomotion juste, confortable et dans le plaisir retrouvé pour nos loulous. On ne prend pas la tête, c’est au cheval de trouver notre main. 🙂

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