La dyssimétrie … vers la recherche de la rectitude – Pakita est gauchère !

Tous les chevaux sont dyssimétriques. Ils sont soit gauchers, soit droitiers, tous comme nous. La dyssimétrie est plus où moins prononcée et génante d’un cheval à l’autre.

C’est la  source de TOUS nos problèmes montés. Ou devrais je dire : les problèmes rencontrés par nos chevaux lors des différents exercices que nous leur demandons et qui de ce fait deviennent « nos » problèmes également.

C’est certainement la notion la plus importante de mes dernières découvertes. Notion qui me permet déjà depuis quelques semaines un travail plus adaptés au soucis de Pakita. La rectitude …  la vrai ! …  n’est pas une notion qui se bidouille grâce aux aides du cavalier. C’est un travail de fond à faire sur le cheval afin qu’il apprenne de son propre corps, qu’il renforce ses propres muscles, qu’il apprenne  à gérer ses propres déséquilibres, qu’il s’assouplisse … mais là où il faut afin d’atteindre une utilisation symétrique de son propre corps. A nous de savoir l’y amener suite aux observations et à la connaissance de la locomotion de nos chevaux.

On nous a tous rabaché les oreilles avec le fait qu’il fallait tenir l’épaule avec notre pied, tenir la hanche qui dérape à l’autre pied, lever la main intérieur si le cheval se couche sur un cercle… etc… etc… etc… des potions magiques de ce type sont la base même de l’actuelle enseignement FFE.

Pire même … un cheval tombe sur son épaule droite. On nous apprend à le « soutenir » en levant notre main droite. Nous ne faisons qu’empirer le problème. En effet, le cheval va se servir de l’appui qu’on lui permet pour  tous faire sauf se redresser. Nous lui donnons une béquille.

Aucun cheval de club n’est travaillé afin d’améliorer sa propre dissymétrie. Donc tous nos apprentissages club de cavaliers se résume à mettre des béquilles à nos chevaux pour tenter de résoudre leur propre soucis physique.

Les faits sont relativement simples… Enfin dans la théorie…

Non non ! je n’ai pas trouvé ça toute seule ! je vous conseille de lire le livre de Pierre Baupère – Equilibre et rectitude  : https://lechevalenharmonie.wordpress.com/2013/03/14/pierre-baupere-equilibre-et-rectitude/

Lecture trés claire pour qui veut comprendre et aider son cheval. Néanmoins, lecture  compliquée pour moi puisque le livre est écrit pour un cheval droitier … et pas de bol ! Pakita est gauchère !! cela m’a obligé à un effort de concentration pour me permettre de tous comprendre. Dans le doute, j’y suis revenues souvent et je pense avoir suffisament bien intégré toute la logique pour d’une part l’utiliser dans mon travail quotidien avec Pakita, et d’autre part me permettre d’en faire un petit article. Mais je le relirais, surtout la partie concernant les solutions.

Voilà comment Pakita se tient :

Demi lune

Elle tombe sur son épaule gauche, épaule la plus forte car elle supporte le plus de poids. Son centre de gravité est donc déplacé vers la gauche.

Son postérieur droit s’écarte vers l’extérieur et est plus faible. Il se dévie vers la droite (effet compas) et n’est pas aligné avec l’épaule droite.

Pour compenser l’effet centre de gravité qui tombe à gauche, elle se rééquilibre en donnant un pli d’encolure à droite.

Son coté droit est donc plus court musculairement que le gauche.

Tentez de baisser votre épaule gauche, votre poids va plus porter sur votre jambe gauche, la jambe droite va s’alléger et pour compenser, vous serez obligé de tourner la tête à droite. Imaginez ce que cela pourrait créer comme géne si vous marchiez à quatre pattes… c’est ce que le cheval ressent !

A l’arrêt  naturellement, Pakita prends appui sur son antérieur gauche et mettra son postérieur droit en avant. Telle est sa nature. Même avec le travail qui vise à gommer ces petits soucis de dissymétries  elle reviendra toujours instinctivement  à sa position de gauchère.

Pakita pré

La mission est donc de :

aligner le postérieur droit sous la masse (annuler l’effet ciseaux)

déplacer le centre de gravité de l’épaule gauche vers l’épaule droite

assouplir progressivement le coté droit plus long que le gauche

Pour un cheval « normal », les soucis peuvent se régler assez rapidement (quelques mois tout de même…) Or, pour Pakita, le soucis s’est amplifié avec son accident. C’est le postérieur droit qui a été tapé. Elle a en plus « appris » à ne pas s’appuyer dessus  par peur de la douleur…

Concrètement, dans le travail, sa dissymétrie se manifeste à chaque exercice demandé.  Elle a bien évolué et son corps tend à s’harmoniser. Mais tous les problèmes énnoncés ci-dessous ne sont que le simple résultat qu’elle soit gauchère… Elle ne l’a jamais fait exprès pour m’embetter. Tous ses refus ou évictions  ne sont que le reflet de ses génes plus où moins importantes.

Première constatation, Rênes au contact, Pakita tend plus la rêne gauche que la rêne droite… signe évident d’un centre de gravité porté à gauche. D’ailleurs se soucis tend à s’amplifier depuis que les postérieurs sont revenue à peut prêt droit et qu’elle a appris à pousser fort dessus … logique !

Sur un cercle à main gauche, Pakita se contre-incurvait à droite… Par ce que … son coté droit était plus court que le coté gauche. De plus, elle tombait sur l’antérieur gauche.

Sur un cercle à main droite, Pakita penchait tout son corps vers l’intérieur… Par ce que … son postérieur droit, censé supporter le poids de son corps afin de rééquilibrer sa rectitude, n’était pas assez fort pour  supporter cet effort. Sa forme de « demi-lune » accentuait ce phénoméne en mettant le bout du nez à l’intérieur du cercle.

Le problème se voit surtout au galop. En effet, le galop est une allure où les postérieurs doivent pousser le corps du cheval. Le postérieur interne doit engager plus pour garder l’équilibre sur le cercle. Or, a main droite, engager le postérieur droit lui était juste impossible. Elle repassait au trot. Si j’insistais, elle attaquait.  Le problème n’était pas solutionné à main gauche, puis que c’est son avant main qui perturbait son équilibre du fait de son centre de gravité porté vers l’intérieur.

Même si sur un cercle, les soucis tendent à s’améliorer, je retrouve ces dysfonctionnements lors du travail des deux pistes, commencé depuis peu. De droite vers la gauche, le postérieur droit doit pousser et rentrer sous la masse et pousser le corps entier vers la gauche. De la gauche vers la droite, c’est l’avant-main qui ne suit plus, puisqu’elle doit passer son centre de gravité de l’épaule gauche vers l’ épaule droite, encore difficile pour elle…

Suite au travail effectué, elle sait les points que je vais lui demander de surveiller. Et elle fait l’effort réfléchi et de le faire… ou pas ! il lui arrive de vouloir tricher en accélérant, en se traversant.  Je rappelle qu’à aucun moment je ne la contrains physiquement. Je lui fait juste découvrir comment elle doit s’y prendre pour se sentir mieux. Le travail en selle est trés récent (tous a été travaillé d’abord à pied…) et je demande trés peu de travail des deux pistes pour le moment en selle. C’est devenu une sorte de test pour voire si les choses s’améliore. Des codes mis en place à pied me servent à lui rappeler ce à quoi elle doit penser.

Il y a un mois, elle ne voulait plus être à main gauche. A chaque occasion, elle me volait la main et cherchait à repasser à main droite. Actuellement, en selle, je sens la rectitude s’améliorer sur du travail en cercle au pas et au trot. Il y a un mois, il lui était impossible de passer une courbe à main gauche un peu sérrée au trot. Elle repassait au pas ou bien forçait ma main pour tourner à droite. A ma grande joie, j’ai senti cette semaine qu’elle avait appris et compris de son corps. J’ai senti l’effort qu’elle faisait pour décaller son centre de gravité sur l’épaule droite lors d’une courbe à gauche. Ca parait peu … mais au stade où nous en sommes, et d’où nous revenons, c’est énorme et cela annonce encore de chouettes progrès pour la suite…

De toutes façons, sans ce travail sur la rectitude, pas de travail sur le rassemblée possible !

Si nous réfléchissons bien, ce n’est pas la solution de travailler le coté où il y a « soucis ». Nous avons tendance à surtout travailler le coté où l’incurvation est plus difficile. Or, prenons l’exemple de Pakita, c’est à main gauche puisque son pli d’encolure est vers la droite. Mais travailler uniquement à cette main veut aussi dire (sans avoir préalablement redressé le cheval), renforcer son antérieur gauche qui déjà est naturellement chargé du poids de l’avant-main. Plus on charge l’antérieur « porteur », plus le cheval va amplifier son pli naturel vers le coté inverse… et on finit par tourner …  en rond !

Il faut prendre en compte à une main les épaules (pour Pakita à main gauche, s’occuper qu’elle ne tombe pas sur l’épaule gauche en reportant le poids sur celle de droite), et à l’autre main prendre en compte le postérieur opposé plus faible (pour Pakita à main droite, s’occuper que le postérieur droit engage sous la masse et ne parte plus sur le coté ou fasse du sur-place).Mais il faut en plus considérer l’assouplissement à faire sur le coté moins long (le droit pour Pakita)?

Il ne suffit donc pas de tourner en rond durant des heures, mais diriger le travail de manière à améliorer chaque pièce du puzzle séparément pour les rassembler par la suite. Si on prend le temps de leur expliquer (dans le même esprit qu’un exo en étho dans les débuts), les chevaux savent parfaitement comprendre ce qu’ils doivent surveiller. La découverte du confort aidant, cela devient un apprentissage à part entière, plus qu’un travail de musculation ou d’assouplissement bête et méchant. La réflexion du cheval entre à part entière dans le travail.

Il faut également savoir qu’un cheval travaillé en vue de la rectitude va évoluer inégalement. Pakita traverse des périodes où elle passe droitière alors qu’elle est gauchère. Donc nous travaillons à l’inverse, elle repasse gauchère. Mais bien entendu en allant de moins en moins vers les extrêmes. Et comme le dit judicieusement Pierre Baupère, lorsque l’on va dans les extrêmes, c’est que l’on passe par le milieu… Pour le cas de Pakita, nous avons eu un trés long travail sur les postérieurs (durant plus d’un an) puisqu’elle s’abstenait de les utiliser pour cause de douleurs encore présentes. Tous a été misé dans un premier temps sur du travail en extension. Je me rends donc compte depuis ces dernières semaines qu’elle passe de droitière à gauchère, mais uniquement (encore… cela va venir !) au niveau des postérieurs, travaillés depuis plus longtemps. Cela ne facilite pas l’observation et la réflexion sur ce qui doit être travaillé au quotidien.

Toutes ces précisions sur les problèmes de  dissymétrie de Pakita m’a permis d’aborder tous ce qu’elle ne fait « pas bien », avec un tel discernement  qu’une grande compréhension, voire une compassion s’est installée entre nous. Je suis heureuse de pouvoir l’aider et elle semble heureuse d’avoir été comprise. Cela a renforcer notre dialogue autant à pied, qu’en selle.

J’essayerais de tenir un poste en vidéo sur l’évolution de sa rectitude…

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