L’impulsion

thelwell impulsion

L’impulsion ! la notion magique qui permet de ne pas se fatiguer à battre des mollets à chaque foulée pour tenter de maintenir notre cheval dans l’allure. Une notion apprise dés le galop 2. Un des premiers fondamentaux à rechercher lors du dressage d’un cheval. Et pourtant, après tant d’année d’équitation, je viens seulement d’en goûter les sensations….

« Si tu vois que ton cheval « dort », tu le « réveilles » pour qu’il avance »  C’est le genre de petite phrase que l’on peut lire sur les forums…

L’impulsion ne se « donne » pas. Aucun coup de cravache, d’éperon ou même de pétage de plomb intempestif ne donneront au cheval le goût de l’impulsion. Sous l’effet de la douleur de l’éperon ou du de la cravache, le cheval va accélérer quelques foulées avant de retomber l’air de rien dans son allure « pépére »… sur une heure de séance, de quoi épuiser le cavalier, mais pas de quoi faire progresser le cheval ! Tout le monde connait des chevaux de club tellement blasé aux jambes que l’on pourrait leur tambouriner les flancs sans que cela les fasse bouger d’une oreille…

Impulsion : Etat psychique du cheval ayant le désir impérieux de se porter en avant, de répondre avec calme et énergie aux demandes du cavalier (source Cheval-haute-ecole.com)

Il s’agit en effet d’un état psychique, d’une volonté de la part du cheval. Vous allez me dire « comment diable pouvons nous donner l’envie à notre cheval de se mettre dans l’impulsion, sans même utiliser la cravache pour une leçon de jambe ? »

Un cheval en sous impulsion est bien souvent un cheval qui manque d’état physique. Auriez vous l’idée d’aller courir un marathon de 50 km alors que vous passez votre temps devant votre ordinateur ou votre télé ? Seul un sportif entraîné pourra se permettre de tenir la distance sans aucun fatigue muscuclaire et donc dans un état psychique adapté à l’utilisation de son énergie. Non entrainé, il est à parié qu’au bout de quelques kilométres au plus, nous traînerions nos baskets .. C’est pourtant ce que nous exigeons de nos chevaux de loisir.

Mettons nous un peu à la place de nos chevaux. Un cheval est capable de donner de l’impulsion au pré, lors de jeux entre potes. Mais aura t’il l’envie de le faire lors du travail ? C’est moins évident ! On se dit alors « mais je l’ai vu faire, il sait le faire »… oui bien sur ! mais sa motivation était différente. Le psychisme entre également en jeux, l’envie, la motivation …

Lors de nos jeux Parelli, je m’amuse parfois à un jeux que j’aime appeler (qui n’a surement pas ce nom là…) « le jeux du chien qui remu la queue ». Nom débile, je conçois, mais je m’explique. Cela consiste à demander à l’énergie des départs dans l’impulsion (en liberté ou en longe) suivis d’arrêt nets. Je monte alors ma propre énergie que je la lâche en guise de « go ». Lors de l’attente du « go », je vois dans l’oeil de ma jument la même lueur qu’aurait un chien à qui on montre une balle que l’on est prêt à lancer… d’où le nom stupide que j’ai donné à ce jeux … Dans ce cas là, l’impulsion est maximum car le contexte est celui d’un jeux à deux. Elle s’amuse autant que moi et ça se voit !

Je vois également une impulsion phénoménale (limite parfois du Schwung sur quelques foulées qui est cette impulsion ultime où le cheval abaisse ses hanches pour transmettre toute son énergie à l’avant main qui remonte et donne de la légereté aux épaules) lorsque Pakita est en liberté et a une autre idée que celle de venir me voire. Je fais alors l’ambassadeur du « oui » (qui consiste à dire « ok, tu veux trotter ou galoper comme une fofolle, je te laisse faire, mais c’est moi qui dit quand tu arrêtes). Je rajoute un peu d’énergie à celle déjà démesurée de Pakita qui est juste en train de me faire un pied de nez du style « arrêtes moi si tu peux ». Dans ces moments là, je vois des allures, un équilibre et une rectitude  qui me font rêver. L’attitude même que je cherche au travail. Mais voilà, encore une fois, elle vient de la volonté de ma juju et du pied de nez volontaire qu’elle me fait  …

Cela fait plus un an et 1/2 que Pakita est travaillé dans l’idée de l’extension d’encolure. Sa locomotion était handicapante (dos creux, postérieurs à la traine, douleurs dans l’arrière main, dans le dos … bref pas la joie pour elle !). Son impulsion était néante (jusqu’à attaquer toutes dents dehors si j’insistais)  et c’est la première chose que nous avons travaillé avec l’extension d’encolure. Chaque jour, en longe, ce travail de fond l’a amené à se sentir de mieux en mieux dans son corps. Elle a appris à travailler avec son dos et surtout à pousser avec ses postérieurs. Elle a découvert le confort d’une autre locomotion. A ma grande surprise de cavalière du dimanche n’ayant jamais montée de cheval de dressage (réellement dresser), le travail sur sa locomotion a fait naître une  impulsion tant formidable que inhatendue. Au fils des semaines, lorsque je la remontais, j’avais une autre jument. Il suffisait de prendre les rênes pour avoir le moteur qui venait de l’arrière. C’était impressionnant ! Des sensations que je n’avais jamais rencontrés malgré la quantité de chevaux que j’ai monté depuis mes 9 ans. C’est tout simplement un rêve de ne pas à avoir à nous occuper de la mise en avant. Un cheval qui se sent bien dans son corps et dans sa musculature va fournir naturellement l’impulsion à la moindre demande de son cavalier. Un cheval bien dans son corps va trouver le confort psychique dans le plaisir à se porter en avant.  Les leçons de jambes deviennent alors inutiles.  Et les jambes n’interviennent qu’alors lors de demande bien spécifiques. Quel bonheur d’avoir juste à « gérer » cette énergie qui vient de la poussée des postérieurs et qui arrive dans nos mains comme un véritable cadeau. L’impulsion fait donc partie de la légereté.  Tous devient tellement « facile » pour le cavalier qui n’a plus à descendre de sa séance en prenant la démarche du cow-boys.  Tous ces longs mois (parfois trop longs…) de travail sur les « fondations » ont portés ses fruits.

 Le travail sur les barres de ces 6 derniers mois ont encore amplifié cette toute nouvelle attitude.

C’est une découverte de sensations nouvelles pour moi. Jusqu’alors, on m’aurait demandé comment créer l’impulsion chez le cheval, j’aurais répondu « ben, leçon de jambes »… oui mais ! c’est sans compter que le cheval fait ce qu’il peut (et sa générosité est tel qu’il ne triche pas, à moins qu’on lui demande rien du tout bien sur …) avec son propre corps.

L’impulsion dans les débuts étaient totalement précipité. Elle se mettait sur les épaules pour compenser le manque de force de son arrière main. Cela est tout à fait normal. C’est un travail sur les transitions, ainsi que sur des spirales qui lui ont fait prendre la mesure de son propre équilibre. Je n’ai rien « créer », c’est elle qui a toujours su gérer son corps en total réflexion de ce qu’elle pouvait apporter pour se sortir d’une situation nouvelle de déséquilibre. Nous avons avançé petit à petit, jour après jour, dans cette idée.

Ce que j’ai appris, c’est que l’impulsion  vient avec la condition physique du cheval, ce qui génére le confort psychique de ne pas avoir à se soucier de ses petites ou grandes génes physiques . Nous avons tous tendance à refuser la précipitation qui est pourtant indispensable au début. L’activité dans la lenteur (le rassemblé) ne vient qu’après de longs mois de travail. L’activité (l’impulsion) dans la lenteur n’est pas immédiate.

C’est je crois la plus belle sensation que Pakita m’ait fait découvrir jusqu’à ce jour. Et c’est la base de tout travail de dressage. Avec la rectitude bien sur, mais qui fera l’objet d’un prochain article.

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2 réponses à “L’impulsion

  1. Bonjour, pourriez vous donner un peu plus de détails sur les séances que vous avez mis en place pour travailler l’extension d’encolure en longe et monté ? J’ai également ce problème de sous impulsion avec mon cheval (qui a tendance à « traîner la patte » et creuser son dos au lieu de venir Le tendre) et j’apprécierai vraiment quelques astuces de votre part.

    • Bonsoir,
      Il est toujours difficile de donner des conseils sans connaitre le cheval, son âge, ses conditions de vie …. etc… chaque cheval est particulier et représente donc une approche hollistique à part entière. 🙂

      La première chose à faire (commune à tous) est de déterminer les raisons pour lesquelles votre cheval travail le dos creux. Il est toujours bon de s’assurer qu’il n’existe aucun blocage ostéo qui le limiterait dans cette attitude.

      Déjà, il faut prendre en considération que nos chevaux font ce qu’ils peuvent avec ce qui est existant. L’extension d’encolure peut être comparée au grand écart du gymnaste. Il faut donc laisser le temps au temps que muscles, tendons, ossatures s’organisent pour pouvoir travailler dans un mouvement continu d’extension. C’est un travail parfois long, tréééés long … Nous en sommes à la 4e année de travail dans ce sens avec Pakita et il n’y a que cette année vraiment où elle travaille en permanence dans cette attitude.

      Au début, il faut savoir qu’ils ne peuvent pas ET engager ET baisser la tête. Si le cheval baisse la tête, l’arrière main perd de son engagement. Si le cheval engage, il ne peut travailler tête basse… pensez au grand écart ! cela ne se fait pas sans étirements ^^

      De même, un cheval qui a l’habitude de travailler le dos creux a bien souvent un long dorsal faible. Le long dorsal faisant partie intégrante de la locomotion (il est le lien entre l’avant main et l’arrière main), il ne faut s’attendre à voire le cheval faire refonctionner ses muscles du jour au lendemain… idem … il faut laisser le temps au temps 🙂

      Comment leur montrer l’extension d’encolure ?
      En leur montrant qu’il est plus confortable de se déplacer ainsi, tout simplement 🙂
      Au début, il faut encourager le moindre mouvement dans le bon sens. Le dos ne va pas participer dés les premières séances dans le système locomotif. Il faut le temps que les muscles se détendent (bien souvent contracté lorsque le cheval à le nez au vent).
      Le travail en extension d’encolure ne sera donc pas forcément super confortable au début du travail (pensez à un athléte qui n’aurait pas fait de sport depuis des mois). Il faut donc laisser le cheval aller vers le bas, remonter sa tête … bref, lui laisser l’expression total de son mouvement. C’est lui qui va trouver au fils des séances le confort vers le bas.
      C’est à force de renforcement positif dés le bon mouvement que le cheval va comprendre qu’il a le droit d’aller dans ce sens et même qu’il est encouragé.

      Bref … c’est un travail de long mois, voire années pour certains chevaux qui ont fonctionnés à l’envers trop longtemps.

      A noter également qu’au début, le cheval ne peut pas ET s’incurver ET se mettre en extension d’encolure. L’incurvation vient par la suite. Il faut donc préféré marcher en longe avec eux sur des lignes droites… oui ! ça fait faire un peu de sport au cavalier ^^

      Voilà en globalité, sans faire de cas par cas, ce qui peut être dit (à mon sens) au sujet de l’apprentissage 🙂
      Mais dans tous les cas, ne jamais oublier que le cheval fait ce qu’il peut avec les moyens que mére nature lui a donné. Donc ne jamais rentrer en conflit car tout conflit énéantira les chances d’avoir un cheval détendu le nez en bas 🙂

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