La confiance … le mot clé de notre relation

portrait 1212Pakita partage ma vie depuis maintenant 5 ans. Nos débuts ont été particulièrement difficiles. Elle était grincheuse et agressive. J’étais perpétuellement  à l’affus d’un coup de dent, d’un coup de pied, d’un écrabouillement de mes orteils, d’une bousculade… Bref ! ma méfiance était à son paroxysme à chaque minute passée en sa présence, surtout la première année. Moi qui rêvait d’harmonie avec un cheval, la réalité était difficile…  Il n’est pas besoin de dire que la notion de confiance à cette époque était quelque peu impossible et très lointaine.

Pakita de son coté, refusait également de donner sa confiance. Elle se méfiait de moi, probablement autant que je me méfiais d’elle. Lui brosser la tête était un sport quotidien. Pour lui brosser la queue, il ne me serait même pas venue à l’idée de me mettre derrière elle.  Je posais la selle, et elle me regardait déjà oreilles couchées avec son sourire plein de dents. Toute introduction dans sa bulle la stressait. Elle se sentait agressée et n’hésitait pas à  attaquer.

J’étais partagée entre l’idée qu’elle avait peur et l’idée qu’elle était dominante. Je la voyais dominante et tout le monde me le confirmait. Mais je la sentais fragile. Ce n’est que par la suite que j’ai pu faire le lien entre les deux… Mon intérêt pour Parelli a indéniablement débloqué le processus de méfiance mutuelle que nous avons entretenu durant les 2 premières années. Les différents jeux et patterns nous ont permis de mettre en place un dialogue dans l’observation. Au fils des mois, j’ai appris d’elle, comme elle a appris de moi…

En réalité, elle était dominante, car elle avait peur.  Son comportement des débuts laissait largement penser que Pakita était RBE (cerveau droit extraverti).  Mais son attitude déterminée à m’attaquer ne collait pas avec le manque d’assurance dont font preuve les RBE.  Pakita était au fond une vrai LBE (cerveau gauche extraverti).  La seule différence étant qu’elle avait été traumatisée par sa malheureuse expérience avec le despotisme stupide et ignorant de deux personnes chez qui elle avait passé quelques jours avant que je l’achète   Il est arrivé cet accident qui l’a probablement marqué plus profondément que je ne me le serais jamais imaginé. L’humain était devenu « dangereux ».  Toute approche était perçu comme une agression potentielle. Et c’est par soucis d’auto-protection qu’elle attaquait. Elle avait peur …

Losque j’ai compris, il a fallu que je « soigne » deux problèmes : La peur et la dominance. Autant dire que ces deux notions étant diamétralement opposées, les choses se compliquaient. Il m’a fallu m’adapter.

Méa culpa, certains jours, ma frustration m’a rattrapé et j’ai pas toujours fait preuve de justesse. Avec le recul, j’aurais pu rester neutre plus souvent. Mais en plus de ses peurs et de sa dominance, j’avais aussi ma propre peur à gérer. En fin de compte, nous réagissions exactement de la même manière et pour les mêmes raison. Je me suis souvent montrer dominante par peur et certainement aussi un peu par conviction.  Quand elle me faisait face et qu’elle jetait les antérieurs à 2 métres de moi toutes dents sorties, j’en menais pas large et mon seul réflexe de protection était de la chasser violemment. Je n’avais pas l’assurance que j’ai maintenant. D’autant que  lorsqu’elle m’avait mise en boule, je ne savais pas encore redescendre de ma colère et de mes frustrations… j’ai appris depuis ! heureusement… tout le monde évolue !

Nous nous sommes apprivoisée mutuellement au fils des mois qui ont passés. Pakita a fini par comprendre que je ne lui voulais pas de mal. Et de mon coté, j’ai fini par comprendre qu’elle faisait plus de bluf qu’autre chose. Mais on ne parlait pas encore de confiance.

Au bout de 3 ans de vie commune, la relation à commencer à s’installer doucement. Elle pouvait encore me montrer les dents lorsque quelque chose ne lui plaisait pas, mais je ne qualifiait plus son attitude de véritablement agressive. Gros progrès : elle ne m’attaquait plus … on avançait !

Que ce soit au pansage ou au travail, elle commençait à m’accorder des petits moments où je la sentais sereine. Elle est devenue câline et certains jours, elle s’endormait dans mes bras. Je peux dire que je n’ai plus eu peur de ma jument début 2011. Mais les réflexes restaient. Lorsqu’elle bougeait un postérieur un peu vivement pour chasser une mouche, je sursautais.

Fin 2011, début 2012, j’ai fait un immense travail sur moi même aidée de ma prof.  Je me suis également rendu compte que mes soucis perso m’avaient trop pollués et le stresse était devenu permanent. J’étais moi même en permanence grincheuse et trop réactive. Je me suis décidée à faire quelque chose pour moi, pour Pakita. J’ai fait une séance chez une magnétiseuse. Le bénéfice s’est fait ressentir un mois plus tard.  J’ai acquis une certaine forme de calme intérieur (enfin … du mieux…). La confiance de Pakita a grandi de manière étonnante. Elle est devenue adorable. Je ne reconnaissais plus ma furie. J’ai eu l’impression de changer de jument.

Depuis, la confiance mutuelle n’a cessé de grandir. Tous est devenu naturel entre nous. Nous pouvons parlé de confiance mutuelle. Je peux dire que je n’ai absolument plus peur de Pakita. Je sais qu’elle me protège . Elle n’accepte qu’aucun autre cheval m’approche sinon elle attaque. Elle sait que je la protège également et elle s’en remet à moi si je suis là. Elle me questionne sans cesse sur la dangerosité des évènements  Au travail, elle fait de gros efforts pour me faire plaisir, même si c’est difficile pour elle. Je peux me mettre derrière elle en toute confiance. Jamais plus, elle ne me  mord ou à fait mine. Si je donne la longe à une autre personne alors qu’elle broute, elle me suit. Elle me demande la gratter sous la cuisse en levant le postérieur et me montrant du bout de son nez…. c’est assez incroyable, notre quotidien n’est fait que de dialogue et de simplicité.

Mais ce qui me laisse dire qu’elle ma accordé sa confiance de manière exclusive  c’est lorsqu’une autre personne que moi monte. Le premier défi est déjà que le cavalier l’éloigne de moi. Il faut que je lui donne mon accord en lui disant qu’elle peut le faire car j’ai confiance en cette personne. Si la personne prend le trot, elle se stresse et met les oreilles en arrière… le galop n’est pas loin et c’est encore une allure dangereuse montée. Elle me l’accorde dans la décontraction depuis uniquement l’automne 2012. Mais une autre personne qui ose mettre des jambes, ou qui les bouge, au trot, elle prend une foulée de galop et met un coup de cul en se stoppant net. Rien que ça, c’est pour moi une preuve incontestable de la confiance qu’elle me donne.  Une autre personne sur le dos, sa bulle se recrée et ses défenses parfois violentes reviennent.

Avec moi, il lui arrive encore de me donner ses limites montée. Je les respecte bien sur. Je vais pas faire voler en éclat 5 ans de progrès en une crise d’autoritarisme. Ca serait stupide. Je contourne le problème en demandant autrement, plus tard, avec moins d’exigence…

Je reste toutefois toujours vigilante sur les notions de respect. Pakita en tant que Dame jument a parfois les hormones en folie. Et elle peut avoir ce comportement d’entier dominant, stressé, instable et entreprenant. Il lui arrive trés rarement, mais encore, de demander avec trop d’insistance durant ces périodes. Et je  n’hésite pas à lui rappeller les limites à ne pas dépasser. Rien ne se fait avec violence. Mais la détermination que j’ai gagné dans cette relation sereine suffit amplement à remettre les choses en place en deux secondes. Elle le sait et ce ravise immédiatement.

Il a fallu 5 ans mais Pakita est devenue la jument dont j’ai toujours rêvé. Nous sommes parti de très loin toutes les deux. La patience, les remises en question ont fait naître une confiance mutuelle illimitée. Au fils des années, même au travail, elle prend sur elle, juste dans un unique but : me faire plaisir.

Cette confiance est probablement ce qui  comble le plus ma vie de cavalière-propriétaire. Ce sont des moments magiques que de se savoir en sécurité en présence de son cheval. Elle sait toujours où je me trouve et fera toujours en sorte de m’éviter pour chasser une mouche. Les chevaux sont capables d’une grande délicatesse quand ils le désirent…

Je sais maintenant que plus rien n’est impossible entre nous …. Il suffit que je lui demande pour qu’elle m’offre son accord.

Avec beaucoup de patience et de remises en question, on arrive à tous ! Je garde toujours à l’esprit qu’un cheval traumatisé le restera à vie. Mais dans notre quotidien cette notion n’existe plus. La confiance mutuelle a enfoui toutes les peurs que nous avions l’une de l’autre.

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4 réponses à “La confiance … le mot clé de notre relation

  1. une seule séance chez un magnétiseur vous a suffit à reprendre confiance ?
    Je suis également dans cette recherche mais je patauge…de peur (encore) de tomber sur un charlatan…
    Bravo pour votre démarche !

    • Oulà, non ! tous ne s’est pas joué sur une seule séance. Pakita en a eu en tous, 3 et moi en tous, 2 !
      La séance de magnétisme a juste débloqué des énergies accumulées par les aléa de la vie… y a également un gros travail sur soi même derrière 😉
      Je comprends qu’on puisse avoir peur du « charlatan »… le mieux est de se faire conseiller une personne de confiance de bouche à oreille 🙂

    • En effet, trouver une personne sérieuse dans ce domaine n’est pas choses facile. Le mieux est le bouche à oreille. Mais de personnes parlent de tous ça en public… donc !
      Pakita a eu en tous 3 séances sur un an et moi, deux séance sur 6 mois. 🙂

  2. Bonsoir,
    je trouve votre statut très proche de moi. Au début, malgré mon handicap, je suis resté digne de lui: cela faisait 1 semaine que je l’avais et je l’ai mis dans le rond de longe avec moi au milieu. Doc a fais le tour dans le rond de longe au quadruple galop, en essayant de me faire peur car en plus, rien de plus drole pour lui , il passait a 3 centimetre de moi. Je suis restée, morte de trouille, en plein milieu, du coup il s’est arrêté. M’a regardé et puis est venu me voir et à accepter que lui caresse la tête ( chose qu’il ne voulait pas en entendre parler, j’étais donc la première).
    Mais je tiens à vous dire qu’aujourd’hui c’était tout simplement génial : je suis allée le chercher dans le pré il était couché et j’ai pensé que c’était bien pour lui, du coup le papouyer pendant 1/2 h il s’est relevé et a bien voulu me suivre c’était vraiment top. Du coup au rond de longe que j’ai voulu faire avec lui, alors que d’habitude il part au galop quand je lui dit, la il n’avais pas envie du tout…..bref je lui demandé d’aller au pas, je l’ai même arreté et j’ai, tout dans la douceur, la gentillesse demander de reculer: et bien il l’a fait…. Je l’ai vivement récompensé avec gentillesse, douceur et de l’amour….alors la confiance j’y crois
    Bonne soirée à toutes et à tous chevaux compris
    Anne

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