« le cheval est notre miroir » … qui n’a jamais entendu cette phrase ?

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Nos chevaux vivent dans un monde de ressenti et de sensibilité qui nous est bien supérieur. Ils sont en perpetuel ressenti de leur environnement. Ils  ont un talent particulier que nous négligeons et qui, pire, ne fait pas partie de nos enseignements équestres  : l’empathie. Et pourtant…

Les chevaux sont des partenaires précieux pour les équithérapeutes. Ils savent lire à travers les humains comme personne. Un équithérapeute avisé pourra aisément déceler l’état d’esprit de son patient juste en observant la réaction du cheval. C’est la base-même de l’enseignements « EPONA » (cf « Le Tao du cheval : https://lechevalenharmonie.wordpress.com/2013/03/04/le-tao-du-cheval-linda-kohanov/ )  Certaines structures équestres développent d’ailleurs cette notion afin d’organiser des stages de développement personnel, pour toute personne intéressée. Il n’est nul besoin d’être cavalier pour en savoir plus sur ce que dégage notre charisme.

N’oublions pas qu’avant d’être des hommes « modernes », nous faisons partie du règne  animal. Nous avons avons donc également cette notion au fond de nous. Mais de part les nécessités sociales, de part nos capacités au langage et de part notre statut de bipède « supérieur » (ça, ça reste à prouver …), nous avons totalement abandonné nos capacités primaires.

Nous maîtrisons mal nos ressentis. Ils nous font peur. Mais nous avons tous un jour où l’autre pensé : « celui là, je le sens pas » avec ce petit schribouillie qui vient de l’estomac. En tant que propriétaires, nous avons tous un jour où l’autre pris connaissance (on ne sait comment) de la fatigue de notre cheval, d’un début de colique…  Certaines personnes ont ce talent bien présent, d’autres devront y travailler toute leur vie pour pouvoir y avoir accès.

Avec nos chevaux, nous nous arrêtons bien souvent à un mode de communication  gestuel ou/et verbal. Les méthodes éthologiques ne parlent pas toujours de la partie cachée de l’iceberg, car souvent, ces méthodes sont destinés aux débutants en la matière. Mais ces notions existent également. Il suffit d’oberver Pat Parelli face à un cheval pour s’en convaincre…  (que l’on cautionne ou non …)

Sous prétexte qu’ils font 10 fois notre poids, avouons le, qu’on nous a appris à nous méfier d’un coup de pied, d’une morsure… en un mot on nous a appris à avoir peur !  Nous nous sentons obligé d’utiliser la force physique, de développer du matériel contraignants… pour les « maîtriser »… et ne vous leurrez pas, un licol corde n’est que la bride du sans-mors… l’éthologie n’est pas ce qu’on peut appeler une méthode douce ! Les phases 4 ne font pas partie du monde des Bisounours…

Notre éducation d’humain nous pousse à vouloir à tout prix être « supérieur ». Cela amène malheureusement des notions de dominances que le cheval ne perçoit absolument pas comme naturelles car différentes dans son monde.

Mais que maîtrisons nous par la force, qu’elle soit physique ou mentale ? Certainement pas leur volonté, encore moins le stress généré par la contrainte que nous leur imposons. Certains chevaux, ce qui était le cas de ma jument, peuvent se sentir agressés et y répondre en fonction.

En fin de compte, nous connaissons peu le mode de fonctionnement de nos chevaux. Il y a du bon à prendre dans les méthodes éthologiques. C’est une grande avançée que cette mode à mis à la disposition du grand public. Cependant, nous sommes loin du compte…

La finesse de nos chevaux en terme d’empathie et de sensibilité physique est bien supérieure à la nôtre… que voit (ou plutôt, nous capte, nous ressente, nous perçoive) donc un cheval en priorité ? Quitte à déplaire à certains cavaliers qui se complaisent dans un rapport de force physique ou mentale, il nous voit comme des « ondes » plus ou moins expressives  plus ou moins fortes, plus ou moins déterminées, plus ou moins agressives… C’est tout simplement ce qui en ressort de notre état d’esprit à un instant T. On a beau vouloir leur cacher nos plus profondes pensées, nous sommes trahis par leur empathie sur-dimensionnée.  Voilà une notion qui s’explique difficilement, mais qui se découvre en la vivant.

Certains dresseurs ont ce charisme calme et posé qui leur permettra de dialoguer avec les chevaux sans même avoir lever le petit doigt. Je pense entre autre à Frédéric Pignon, à Hemplfling qui sont passés maître dans l’art du travail en liberté. Leur représentation ressemble à de la « magie ». Mais vous n’imaginez même pas la richesse interne du dialogue  qu’ils possèdent.  Rien n’est visible, mais le cheval connait sa propre langue maternelle…  A nous de l’apprendre.

En ignorant cette notion, nous passons à côté d’une relation sereine et d’un dialogue simple et clair…  Nos peurs, nos désirs de toujours tous maîtriser « au cas où » met le cheval dans un état de stress qui peut aller jusqu’au refus du dialogue.  On y perd plus qu’on y gagne !

Je pense que c’est une des notions que je recherchais depuis mon premier cours poney, sans trop savoir où chercher, et encore moins comment.  C’est ma jument qui m’y a amené. J’y croyais sans trop y croire … mais comme on dit « certaines choses, il faut le voir pour y croire, mais il faut y croire pour le voir ». Dans mon petit esprit cartésien, j’ai eu du mal à faire l’association des deux. D’autant qu’il est pas toujours facile d’évoluer seule dans ce sens. A force de tâtonnements  j’ai appris à lâcher… on va plutôt dire que ma morue ne m’a pas laissé trop le choix ! Et ce n’est qu’à partir de ce moment-là, le moment où j’ai cessé l’exigence et que je suis rentrée dans la proposition que notre relation a pris la forme de mon rêve…

C’est avant tous un immense travail sur soi-même. Dialoguer en laissant de côté nos petits soucis d’humains est difficile. Laisser à la porte des écuries, nos état d’âme, nos colères, nos frustrations et notre prochaine liste de courses, encore plus. Mais c’est à ce prix que nous pouvons avoir accès au dialogue serein avec un cheval. Les chevaux n’attendent que ça… même les plus traumatisés ou les plus « agressifs ». C’est NOTRE propre comportement qui fait la différence ou non !

Certains ont entendu parlé de communication intuitive. Je n’en suis pas encore vraiment là, tout du moins je n’en suis pas au stade de créer la CI à volonté. Cependant, je ne peux plus nier l’existence de ce dialogue qui ne s’explique pas. Et ma jument est bien plus experte que moi … à moi maintenant de m’ouvrir suffisamment sur mon propre ressenti pour aller plus loin dans le dialogue … Elle, n’attend que ça … se faire comprendre ! C’est une découverte toute nouvelle pour moi, qui mérite d’être approfondie car cela donne une autre dimension aux rapports que nous avons avec nos chevaux et même avec les différentes méthodes qu’elles soient à visée plus classique ou plus étho …

J’ai hésité à finir cet article en parlant de Communication intuitive… un sujet relativement délicat pour tous ceux qui veulent garder leur réputation de personne saine d’esprit,  aux yeux des autres ! lol

Ceci dit, je serais ravie de pouvoir rencontrer d’autres personnes qui découvrent et ressentent les même choses que moi… donc n’hésitez pas à vous manifester …  😉

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