Dresser sans mors … les demi-arrêts

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Autre notion bien souvent avançée par les détracteurs du « sans-mors » au dressage, est « l’impossibilité » d’avoir une fonction « releveur » sur un side. Je pense que tout le monde pense aux demi-arrêts et par la même, au report de poids sur les postérieurs et à l’abaissement des hanches dans l’ultime recherche du rassemblée.

Un side est certes bien moins coércif qu’un mors. Cependant, je suis toujours surprise lorsque l’on me parle de l’utilisation du mors dans une idée d’utilisation de forces mécaniques. A mon sens, le mors bien utiliser ne doit jamais rester qu’un moyen de communication discret. Il ne doit être qu’une confirmation de notre propre langage corporel et énergétique. Je ne vois pas comment nous pourrions prétendre avec nos ptits bras reporter avec forces le poids d’un cheval sur l’arrière main. Les demi-arrêt font parti intégrante du travail préalable au rassemblée.

Ce que l’on voit souvent (et ce que la plupart du temps, nous apprenons en club… je suis passée par là !) est une élévation plus ou moins brutale d’une seule main dans l’illusion que le cheval va reporter son poids sur les hanches… humm… sauf que le cheval en grand illusionniste qu’il peut être avec de tel traitement, va se contenter de relever la tête et creuser son dos, sous l’effet de la douleur et bien souvent de la surprise. Si nous nous contentons d’agir  mécaniquement sur la tête, il n’y aura que la tête qui va réagir… Ce n’est pas vraiment l’effet rechercher.

L’avis de Bernard Chiris à ce sujet :

http://www.cheval-haute-ecole.com/index204.html

Un demi-arrêt s’apprend. C’est une éducation à part entière pour le cheval. Il doit d’abord avoir pris connaissance de cette capacité à le faire. Même si un cheval le fait naturellement lors d’un arrêt brutal dans la nature, ce n’est pas pour autant qu’il a conscience de ce qu’il vient de se jouer dans tout son corps. Il doit d’abord l’intégrer mentalement pour pouvoir le réaliser à la demande avec toute la décontraction liée à une attitude connue et reconnue. Ce n’est que par la suite que nous pouvons y mettre un code (et éventuellement via le mors ou tout autre sans mors).

Le demi-arrêt, comme son non l’indique est un arrêt ou une transition descendante d’une allure à l’autre qui ne va durer que quelques secondes. Secondes durant lesquelles le cheval aura reporter son poids sur les hanches pour aborder la demande d’impulsion qui suivra. Cela peut se réaliser aussi bien en selle, qu’à pied.

L’éducation va se faire par des arrêts (ou transitions) répétées impliquant un temps d’exécution de plus en plus petit. Par la suite, il est possible d’intégrer selon le niveau de dressage du cheval des reculers lors des arrêts . De cette manière, le cheval va intégrer que la phase suivante  nécessite une disponibilité de son arrière main pour intégrer l’impulsion. Ce qui doit d’ailleurs déjà être le cas lors d’un simple arrêt. L’impulsion doit être conservée.

A partir de cette éducation, si nous pouvons arrêter ou demander une transition avec un side, si notre cheval est dans cette vrai impulsion permettant sur simple demande une relance de l’activité venant des postérieurs, je ne vois pas en quoi, monter sans mors empêche cette éducation..

L’avis de Pierre Baupère :

http://www.cheval-savoir.com/155-demi-arrets-dressage-cheval

Il est tout de même à préciser que le nez d’un cheval est parcouru par un fin réseau de nerfs sensitifs. L’effet releveur existe bel et bien. Si votre cheval s’appuie dessus, il faut revoir les notions d’équilibre et de rectitude.

Mais avant tous et avant même de monter sur son dos, il faut vous demandez qu’elle relation vous entretenez avec lui déjà à pied … Le respect et la confiance sont ils acquis ? Existe t’il des conflits ? Dans quel état d’esprit êtes vous face à votre cheval ? Quel intérêt votre cheval vous porte ? Quel regard vous portez sur lui ?
Car plus que de technique, monter sans mors demande du ressenti tant de la part du cavalier que du cheval. Si l’un des deux refusent de porter toute son attention à l’autre, l’échec est assuré …

Je pense vraiment qu’une relation stable et sans équivoque doit exister pour goûter aux joies du dressage sans mors. Le cheval doit être dans cette perpétuelle envie de faire plaisir à son cavalier, de l’écouter, de réfléchir à ses propositions. Mais … toutes ces notions ne sont elles pas également indispensables avec un mors ?

Un side ne laisse aucune place aux rapports de force.
Une petite citation d’Andy Booth : « lorsque l’on retire les rênes, il ne reste que la vérité » …

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