Pakita et son passif social

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Nous mettons souvent beaucoup de choses sur le compte de l’éducation « humaine ». Cependant, il est également important de prendre en compte l’éducation sociale du poulain et du jeune cheval pour expliquer certains comportements. Un cheval se comporte d’abord comme ses congénères lui ont appris ou lui ont laissé l’occasion de le faire.

J’ai la chance de connaître l’histoire de Pakita depuis sa naissance. Histoire qui m’a été comté par son ancienne propriétaire, qui est devenue depuis une amie.

Pakita est née des amours d’un étalon PRE de spectacle et de la jument d’une des cavalières du spectacle. Je ne connais pas vraiment le fin mot de l’histoire. Mais cette cavalière désirait ce poulain. Cependant, à l’âge de 6 mois, elle est parti vers d’autres lieux en laissant la pouliche chez son naisseur. Je soupsonne un sevrage précose.

Pakita s’est retrouvée au pré avec une autre pouliche, que l’on m’a dit particulièrement dominante, voire belliqueuse. Comme nous le savons, la cavalerie de spectacle n’est composé que d’entiers et son naisseur ne pouvait pas se permettre de la garder.

Elle a été vendue à une cavalière de loisirs à l’âge de 2 ans ½. Pakita a changé de compagne de pré pour une double ponette plus que dominante. Luciole lui en a montré de toutes les couleurs de l’âge de 2 ans ½ à l’âge de 5 ans. A chaque retour au pré, Pakita était accueillie à coup de dents et de pieds. Lors de la distribution de foin, Luciole ne daignait pas la laisser manger. Lorsque sa propriétaire mettait deux tas de foin. Luciole poussait le vice à uriner sur celui de Pakita.

Bien entendu, son stresse permanent la rendait particulièrement délicate à gérer pour un humain. Son instinct de surprotection l’a transformé petit à petit en cheval « dangereux ». Son ancienne propriétaire s’est mise à en avoir peur jusqu’à prendre la décision de la revendre.

Arrivée à l’essai chez des cavaliers (quelques semaines avant que je craque sur elle), elle a été mise au pré avec d’autres chevaux. Et ce, malgré les conseils de son ancienne propriétaire de ne pas le faire, connaissant les réactions vives de Pakita. L’accueil fut quelque peut explosif. Pakita a pris un coup mal placé à l’intérieur du postérieur droit qui lui a une dérivation de la hanche (cause de tous nos problèmes concernant sa locomotion). Encore une nouvelle expérience négative en présence d’autres chevaux. Encore une expérience déterminante dans son apprentissage sociale : les autres chevaux représentent un danger !

Ses premiers compagnons équins ne l’ont pas épargné. Elle a du guerroyer pour pouvoir survivre.
Son comportement est facilement explicable …

Pakita avait un rapport avec la nourriture assez particulier. Elle engloutissait tous ce qui pouvait se manger. Elle était boulimique. Elle se jetait sur les fourches remplies de foin. Elle mordait l’humain si la nourriture n’était pas distribuée assez rapidement à son goût. Elle défendait son foin avec une hargne digne d’un lion.  Elle semblait avoir peur de manquer.

L’approche d’un autre cheval la mettait en stresse totale. Elle ne laissait rentrer aucun congénère dans sa bulle.
Son comportement était agressif et pouvait laisser paraître dominant. Il n’était qu’en réalité de la peur guidé par un besoin de sauvegarde.

Tout comme chaque être sur terre, un cheval apprend de ses propres expériences. Il faut parfois allez au-delà des apparences pour en déterminer les raisons et pouvoir agir en fonction de la cause et non de l’attitude. Tous les chevaux dominants ne le sont pas forcément car ils sont nés avec un fort caractère. Beaucoup le sont pour mettre des limites et non pour « vouloir diriger les autres ».

Elle a depuis réappris à vivre en troupeau. Elle a réappris à faire confiance en ses congénéres. Elle a appris la hiérarchie simple et rassurante d’un dominant bienfaiteur. Mais elle restera toujours méfiante quant à ses relations. Elle n’attaque plus directement, mais demande aux autres chevaux de garder leurs distances.

Elle s’est également rassurée vis à vis de la nourriture. Ses voisins de stabulations l’hivers ont vite été mis au pli, plus personne ne la dérange durant son repas. Elle ne se jette plus sur nous lorsque nous apportons la nourriture. Elle ne nous mord plus. Et surtout, elle prend son temps pour manger.

Rien ne s’est évidement fait du jour au lendemain. Il aura fallu 4 ans pour qu’elle se tranquillise au milieu d’un troupeau…

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