La Rectitude

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« En avant, calme et droit » – Général L’hotte (1825-1904)

Je ne vais pas faire un long discours technique concernant la rectitude. Certains dresseurs en parlent bien mieux que moi…

J’aime beaucoup la définition que Bernard Chiris donne  : http://www.cheval-haute-ecole.com/index16-07.html

Ce qui devient intéressant, c’est comment l’obtenir… ?

Pierre Baupère apporte une réponse trés compléte sur cette question :

https://lechevalenharmonie.wordpress.com/2013/03/14/pierre-baupere-equilibre-et-rectitude/

Durant tout ce temps, il semblerait que la « belle » équitation ait été réservé à une élite. On ne peut pas dire que nos enseignements en club peuvent prétendre mener vers la « belle » équitation.

Peu de club peuvent se vanter de posséder dans leurs écuries des chevaux qui pourraient nous faire goûter à la vrai rectitude. La rectitude est une attitude qui devient naturelle suite à un long et patient dressage du cheval. Et qui dit naturelle, dit « aucune contrainte » de la part du cavalier. Car toute contrainte engendre force coté cavalier et tension musculaire coté cheval. L’harmonie est au prix de la patience.

Il est amusant de voire dans les manuels de galop, la définition de la rectitude. Mais à aucun moment, il n’est fait état de son obtention. Il est habituel d’entendre les moniteurs nous dire : remonte ta main pour tenir les épaules, recules ta jambe pour tenir les hanches … et la tête alouette !  Ce n’est en aucun cas de la vrai rectitude.  Nous serions bien prétentieux de vouloir porter nos chevaux qui font 10 fois notre poids.

La rectitude s’obtient à partir de l’impulsion. Ce sont deux notions indissociables. C’est le mouvement des postérieurs venant sous la masse qui la crée. Le dos monte, les postérieurs poussent, les abdos fonctionnent, l’avant main remonte et le cheval reporte du poids sur l’arrière main. Les postérieurs deviennent alors le moteur du cheval. Et lorsque le moteur se situe à « l’arrière », il pousse le « devant ». Au contraire, un cheval sans impulsion et sur les épaules va « trainer » ses postérieurs avec son avant-main en mode « remorque chancelante ».

Chercher à rectifier « mécaniquement » nos chevaux par nos propres aides ne crée que la perte d’impulsion. Le cheval se tord, perd de l’impulsion et le cercle est bouclé. Adieu la rectitude !

Pas de secret, afin que le cheval se « tienne » de lui même les épaules devant les hanches, c’est une gymnastique de tous les jours (ou presque) afin que chacun des muscles permettant la mise en avant avec un dos, des abdos et des postérieurs actifs qui se tonifient.

Une notion bien souvent oubliée et pourtant tellement importante est la volonté du cheval. La fameuse volonté que l’on retrouve dans la définition de … l’impulsion. Un cheval triste, endolorie, n’aura pas envie de se bouger et le fera tant bien que mal. Donc le bien-être de nos chevaux est le point de départ de toute « belle » équitation. Il faut comparer nos chevaux à des athlètes. Le mental est tout autant important si ce n’est plus, qu’à la locomotion en elle même. L’un amène l’autre. Demanderions nous à un novice de gymnastique rythmique de dérouler une démonstration de niveau nationale ?

C’est un travail que j’ai abordé entièrement à pied, en longe avec Pakita. Pour elle, cela tenait de la rééducation. Il est plus facile pour le cheval de se gymnastiquer sans son sac à dos. Pakita n’a jamais eu un enrênement et encore moins un mors. C’est le cheval qui crée la rectitude et non le cavalier qui la demande.

Le travail s’est fait uniquement durant une longue année sur des lignes droites. Au fils des mois, centimètres par centimètres, les muscles ont permis à la structure osseuse de reprendre leur place dans la rectitude. Durant ce temps, aucun travail des deux pistes ou de dissociation d’encolure n’a été engagé. Pakita a découvert par elle même le confort de se mobiliser dans le bon sens, « en avant, calme, et droit »

La rectitude sur le cercle est donc devenu quelque chose de naturel sans même l’avoir travaillé.

Monter un cheval dans la rectitude est quelque chose que je souhaite à tout cavalier. C’est une sensation surprenante où la puissance du cheval est décuplée sous la selle. Il n’est nul besoin de tenir les épaules ou les hanches. Un petit rappel de temps à autre pour ne pas que le cheval oublie, tout au plus.

Cela nécessite bien sur un travail sur la propre rectitude du cavalier en selle. Il faut imaginer qu’un cheval ressent le moindre report de poids (vers l’avant, vers l’arrière, vers les cotés). Si l’on demande au cheval de se tenir « droit » la moindre chose est de faire l’effort d’en faire autant afin qu’il puisse utiliser son corps sans aucune gène. L’équitation centrée de Sally Swift est une bible en ce domaine.

La rectitude fut une de mes grande découvertes. Inutile de mentir, durant les 20 dernières années où je n’ai monté que des chevaux de loisirs, je n’avais jamais ressenti de telles sensations. Vu les problèmes de Pakita dans ses débuts, je vous laisse imaginer ma joie. Je ne remercierais jamais assez ma prof pour nous avoir fait goûter au joie du dressage dans l’harmonie. Ses compétences en locomotion, en dressage et surtout en observation et écoute du cheval nous a ouvert une chemin dont je n’avais même pas connaissance. J’ai quelque peu l’impression d’avoir perdu mon temps en club …

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